Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé Etienne Cavalier

VITAMINE D, DE L’ORIGINE DE L’HUMANITÉ AUX GRANDES ÉTUDES RANDOMISÉES : UNE PANACÉE ?

par Etienne CAVALIER (Service de Chimie médicale – ULg), invité.                

La vitamine D est victime de son succès… Au cours des dernières années, un nombre très impressionnant de publications et de communications médicales ont fait de la vitamine D une sorte de nouvelle « fontaine de jouvence ». L’association entre la valeur sérique de la vitamine D et plusieurs maladies a été questionnée par différents outils méthodologiques, y compris des études randomisées contrôlées et des méta-analyses. Stricto sensu, la vitamine D n’est pas une vitamine ! Sa source principale n’est pas alimentaire, et seuls ses métabolites sont actifs. Historiquement, la vitamine D a été associée au métabolisme osseux du fait de son impact spectaculaire dans le traitement du rachitisme vitamino-sensible de l’enfant et des ostéomalacies de l’adulte. Par extension, elle a été, seule ou associée au calcium, proposée dans la prévention des chutes et fractures, et le traitement de l’ostéoporose. Depuis une quinzaine d’années, des liens ont également été suggérés entre la vitamine D et le cancer et autres maladies métaboliques, cardiovasculaires, infectieuses, auto-immunes…Même si plusieurs études randomisées ont été réalisées dans ces différentes maladies, leur conclusion relève le plus souvent d’association, et la vraie causalité demeure souvent incertaine. De larges études randomisées contrôlées incorporant un grand nombre de patients et des doses majeures de vitamine D sont en cours. Il n’est cependant pas certain que ces études apporteront une réponse définitive à notre questionnement puisqu’on touche ici à un métabolite endogène qui, à la différence d’un médicament, est toujours présent dans le plasma des individus à concentrations variables.

(Ont pris part à la discussion : MM. les Prs J.E. Dumont, S. Louryan, F. Houssiau, N. Clumeck et B. Boland).