Académie royale de Médecine de Belgique

|

Discussion du rapport de la Commission chargée d'étudier les questions posées par le Gouvernement à propos de l'emploi du sulfite de sodium pour la conservation du hachis et de la viande

Rapport de la Commission.

            La Commission est unanime :

            1° à regretter que la législation actuelle qui formule l’interdiction d’utiliser le sulfite de sodium pour la conservation des viandes ne soit pas respectée ;

            2° à reconnaître que l’introduction de sulfite de sodium, dans les hachis notamment, permet de masquer l’aspect de viandes avariées.

            Certains Membres estiment que, étant donnée la quasi-impossibilité de faire appliquer la loi, il y a lieu, reconnaissant qu’aux doses peu élevées le sulfite est inoffensif, d’en autoriser l’emploi sous une forme contrôlable à déterminer par le Gouvernement. Peut-être l’addition de chlorure sodique au sulfite en proportion déterminée permettrait-elle au moins au consommateur de constater la présence d’un excès de sulfite dans la viande ? D’autres désirent s’en tenir aux prescriptions du Conseil Supérieur d’Hygiène qui le proscrit d’autant plus formellement qu’après un certain temps, il devient impossible de déterminer la quantité introduite dans la viande et qu’au surplus il n’est guère possible d’en assurer la répartition uniforme dans un hachis.

            La contradiction est d’ailleurs plus apparente que réelle. Elle n’existe que dans l’opportunité des mesures à prendre : les uns estiment que la première formule est un moindre mal, la situation actuelle favorisant les fraudeurs au détriment des commerçants scrupuleux ; les autres soutiennent que l’impossibilité de faire respecter la loi ne doit pas inciter à rendre licite une pratique dont l’inconvénient majeur a été indiqué au 2e ci-dessus.

            Ce rapport est approuvé à l’unanimité. Il sera transmis à M. le Ministre de l’Hygiène et de la Santé Publique.

            Séance du 28 juin 1952.