Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire présenté par M. P. De Moor, de Bruxelles, sous le titre : " La place du traitement médical dans la thérapeutique du goitre"

La Commission était composée de MM. R. Danis et P. Martin, rapporteur.

            M. le Président. – MM. R. Danis et P. Martin, empêchés d’assister à la séance, ont prié M. le Secrétaire perpétuel de vous communiquer le rapport qu’ils ont rédigé sur le mémoire soumis à l’Académie par M. De Moor.

            Je donne la parole à cet effet à M. le Secrétaire perpétuel.

            M. le Secrétaire perpétuel donne lecture du rapport reproduit ci-après.

Texte du rapport.

            L’Académie a bien voulu nous charger d’examiner et de commenter le travail soumis par M. Paul De Moor et intitulé : La place du traitement médical dans la thérapeutique du goitre.

            M. Paul De Moor s’est intéressé depuis longtemps à la pathologie et à la thérapeutique du goitre et il a consacré autrefois sa thèse d’agréation à ce sujet.

            L’auteur nous soumet sa statistique personnelle qui groupe 220 cas.

            Le goitre simple, surtout sa forme juvénile, relève du traitement médical. Celui-ci consistera en l’administration d’iode à doses modérées. Le traitement doit être précoce et, dans ces conditions, il amènera le plus souvent une guérison durable. Il convient d’éviter le surdosage qui peut entraîner de l’iod-Basedow.

            Le goitre toxique des adolescents relève, d’après l’auteur, d’un traitement mixte : iode et thyroxine.

            Toutefois, si les symptômes ne régressent pas rapidement à la suite du traitement médical, il faudra recourir à l’opération.

            Pour les goitres toxiques de l’adulte, M. De Moor est partisan d’un traitement à l’iode, suivi, quand la stabilisation est obtenue, d’un traitement d’entretien par petites doses d’antithyroïdiens de synthèse.

            Si le traitement médical n’amène pas la guérison complète, il faut se garder d’en prolonger l’application, car les chances de guérison opératoire diminuent quand le malade a été traité longtemps médicalement. Il s’établit, en effet, à la suite d’un traitement de longue durée, des lésions de sclérose, analogues à celles que l’on constate après radiothérapie. La sclérose influence défavorablement les résultats chirurgicaux.

            Les conclusions du mémoire de M. De Moor, qui sont basées sur l’observation prolongée de nombreux malades, nous ont semblé pertinents et reflètent l’expérience importante de l’auteur.

            Nous vous proposons de publier le travail de M. Paul De Moor dans notre Bulletin et d’inscrire le nom de son auteur sur la liste des aspirants au titre de Correspondant de notre Compagnie.

            Ces propositions sont adoptées.

            Séance du 29 septembre 1951.