Académie royale de Médecine de Belgique

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Motion de protestation contre une proposition de loi tendant à légaliser la profession d'optométriste (réfractionniste)

M. le Président. – Vous avez reçu le texte d’une profession signée par MM. Coppez et François, au sujet de la profession d’optométriste, protestation qui a été examinée par une Commission dont faisait partie aussi M. L. Weekers.

            Vous ne désirez sans doute pas que je vous donne lecture de la motion proposée par la Commission, mais quelqu’un a-t-il des remarques à présenter à son sujet ?

            Voici le texte de cette motion :

            « L’Académie royale de Médecine de Belgique, considérant que certains milieux d’opticiens désirent voir légaliser la profession d’optométriste (réfractionniste), attire l’attention de M. le Ministre de la Santé Publique et de la Famille sur le danger que constituerait une telle mesure pour la santé publique.

            » Elle élève une protestation énergique contre toute mesure de nature à avoir l’exercice d’une partie de l’art de guérir. L’examen objectif de la réfraction et la prescription des verres sont en effet des actes essentiellement médicaux qui demandent un long apprentissage tant théorique que clinique et qui n’est pas à la portée de ceux qui n’ont pas la formation médicale universitaire. C’est à l’occasion d’un examen pour presbytie, amétropie, troubles de l’accommodation ou autres phénomènes subjectifs visuels qu’un médecin oculiste peut déceler les symptômes d’affections des yeux, d’organes voisins ou distants.

            » En vue de sauvegarder la santé publique, l’Académie appuie d’une part la demande faite par l’Association professionnelle belge des Médecins Oculistes, le 14 juillet 1949, en une lettre au Ministre ; rappelle, d’autre part, les conclusions émises en 1934 par le Conseil de l’Association professionnelle internationale des Médecins représentant 29 pays ; rappelle, d’autre part également, le vœu émis par la Société belge d’Ophtalmologie réunie en assemblée générale le 28 novembre 1948 et demande qu’un texte légal réserve aux seuls médecins le maniement des appareils servant à mesurer la réfraction oculaire ; c’est-à-dire qu’il soit légalement reconnu que la mesure de la réfraction oculaire et la prescription des verres ont la même portée scientifique et technique qu’un acte médical selon la définition qui répond à l’esprit de l’article 18 de la loi du 12 mars 1818 et ne puissent donc être exécutées que par un médecin. »

            Séance du 14 juillet 1951.