Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire présenté par M. Jean van den Branden, de Bruxelles, sous le titre : "Contribution à l'étude de la thérapeutique de l'otosclérose"

La Commission était composée de M. M. Cheval et M. L. Van den Wildenberg, rapporteur.

            Le travail présenté par l’auteur constitue une importante contribution à la thérapeutique de l’otosclérose. Après quelques données historiques, un premier chapitre est consacré au diagnostic. Il expose la nécessité d’un examen minutieux, tant général que local. Pour réaliser ce dernier, il apporte ses conceptions personnelles. Il a conçu un audiomètre qui permet toutes les combinaisons auditives. Se basant sur la valeur vibratoire des consonnes et des voyelles, il propose une série de syllabes exemptes de sens, groupées dans l’échelle ascendante des vibrations.

            Dans un deuxième chapitre, il aborde la pathogénie ; il décrit les travaux les plus récents auxquels il ajoute des documents et observations personnels qui présentent de l’intérêt. L’ensemble de ce chapitre permet d’entrevoir d’une façon plus claire le problème pathogénique.

            Un chapitre est ensuite consacré au traitement chirurgical : M. van den Branden y décrit la technique, dernière en date, résultant des nombreuses recherches de l’école américaine.

            La dernière méthode opératoire de Lempert, pratiquée par l’auteur depuis plus d’un an, est décrite en détail et les commentaires qu’il ajoute mettent en relief toute la valeur de cette technique.

            En la décrivant, il cite parmi les premiers temps de l’intervention, la desquelettisation ou mastoïdectomie anatomique complète, véritable tour de force, de Lempert. Il s’agit dans l’espèce d’un très large accès à l’appareil vestibulaire. Nous n’avons aucune expérience des très nombreuses techniques plus économiques de desquelettisation, à part celle de Shambaugh, autre grande autorité américaine en matière d’otosclérose. M. van den Branden signale qu’il a pu suivre des malades opérés par des techniques plus économiques, et qu’il a été étonné de constater les nombreuses suppurations post-opératoires ; il a pu suivre un très grand nombre de malades opérés chez Lempert : leurs cavités opératoires étaient exemptes de suppuration. J’ai pu faire moi-même cette même constatation heureuse chez un très grand nombre de malades opérés chez Shambaugh, auteur d’une technique des plus appréciée bien qu’économique. M. van den Branden expose certains faits importants qui attirent l’attention sur l’action du sympathique.

            Un rappel anatomique situe la véritable constitution de certaines branches nerveuses (notions trop vagues encore chez certains auteurs) ; il expose une technique de résection des branches para- et orthosympathiques faisant ainsi, en plus de la fenestration, une sympathectomie. Cette opération mixte est réalisée en un temps par l’auteur. Après des commentaires qui montrent le bien-fondé de cette conception chirurgicale, il commente des observations qui démontrent des résultats nettement meilleurs.

            Enfin, dans un dernier chapitre, il résume son expérience de plusieurs années de thérapeutique médicale, ainsi que les travaux de diverses écoles.

            Les malades y sont classés dans différents groupes suivant l’agent pathogénique prédominant et l’auteur décrit les diverses thérapeutiques qu’il préconise.

            Dans ces conclusions, il prévoit un avenir plus étendu au traitement médical et grâce à celui-ci on pourra faire évoluer favorablement des cas inopérables et les rendre justiciables de l’intervention.

            D’autre part, l’opération mixte proposée par l’auteur (fenestration et sympathectomie) représente un progrès réel et constitue une contribution personnelle à la thérapeutique et l’otosclérose.

            Nous proposons d’adresser des remerciements et des félicitations à l’auteur, d’insérer son travail dans le Bulletin et d’inscrire son nom sur la liste des aspirants au titre de Correspondant de l’Académie.

            Ces conclusions sont adoptées.

            Séance du 30 juin 1951.