Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Louis Jeanmart

(Séance du 29 juin 1985)

ÉVOLUTION DE LA STRATÉGIE DES MOYENS DE DIAGNOSTIC PRÉCOCE DU CANCER DU SEIN

par Louis JEANMART, invité,  et M. CREVECOEUR (Institut Bordet, Centre anti-cancéreux de l’Université libre de Bruxelles), collaborateur.

Dans le domaine de la cancérologie mammaire, les progrès thérapeutiques fondamentaux ne peuvent se concevoir que grâce à un diagnostic de plus en plus précoce dont le radiologiste se doit d’être extrêmement conscient.  En effet, le diagnostic précoce doit être non seulement local mais aussi global.

Dans le but d’établir un plan thérapeutique, le radiologue doit pouvoir préciser, avec un maximum de minutie, l’état dans lequel se trouve le cancer lorsqu’il est découvert.

Il dispose d’une série de moyens de diagnostic tant au niveau de la glande elle-même qu’en ce qui concerne le « bilan à distance ».

a)    En ce qui concerne le sein lui-même, outre l’examen clinique, le trépied radiologique s’impose : mammographie, échographie, thermographie.  La cytoponction, non justifiée, si le diagnostic est radiologiquement formel, s’impose en cas de doute et s’effectuera de préférence sous contrôle échographique.

b)    Quant au « bilan à distance », une série d’examens systématiques s’avèrent indispensables : la radiographie cardio-pulmonaire à haute tension, l’échographie hépatique, la scintigraphie du squelette et l’utilisation de marqueurs biologiques.

Si ces examens sont normaux ou positifs, on peut considérer comme terminé l’ensemble des explorations radiologiques.  Si, au contraire, les lésions à distance paraissent suspectes, des explorations complémentaires s’imposent à savoir :

- au niveau pulmonaire : la tomographie ;

- au niveau médiastinal : la tomodensitométrie ;

- au niveau hépatique : la tomodensitométrie également ;

- au niveau squelettique : les radiographies standards, les tomographies et la tomodensitométrie.

Dans l’avenir, d’autres méthodes complèteront les investigations actuellement existantes et c’est ainsi que l’on peut entrevoir tant l’utilisation de la résonance magnétique nucléaire que les dosages des récepteurs hormonaux sur produits de cytoponction. 

En conclusion, la notion de « qualité de la vie » pour une patiente atteinte de néoplasie mammaire, doit être la préoccupation de tous ceux qui, concernés par le diagnostic précoce, sont responsables du traitement le plus judicieux.

SUMMARY

In the field of breast cancer, the radiologist has to stress that fundamental therapeutical progress can be achieved with a very early diagnosis.

As a matter of fact, the early diagnosis should not only be local but global.

As far the therapeutical plan is concerned the radiologist should be exactly informed on the state of the cancer.

Several methods of diagnosis can be used either on the mammary glands or on the work up.

a) The gland : in addition tot the clinical examination, three different radiologic examinations should be performed : mammography, echography and thermography.  A biopsy should be performed when there is a doubt; in that case it should be done under the control of an echography.

b) Work up : systemic examinations are necessary : high tension cardio-pulmonary X-rays, liver echography, bone scan and use of biological markers.

If the results of these examinations are normal or positive, further X-rays investigations are useless.  On the other hand, if work up lesions appear, additional investigations should be performed at different levels :

- pulmonary : tomography;

- mediastinal : tomodensitometry;

- hepatic : tomodensitometry;

- bone : standard RX, tomographies and tomodensitometry.

In the future, we can expect to use other investigational methods as the NMR and the dosages of hormonal receptors on biopsial material.

In conclusion, quality of life for a patient with breast cancer should be the most important thought of those who are concerned with the early diagnosis to give the best adequate treatment.