Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé D. Lagneaux et Jean Lecomte, membre titulaire

(Séance du 16 juillet 1988)  

LE CONTRÔLE CHÉMOSENSIBLE DE  LA VENTILATION DU RAT : LE CAS  PARTICULIER DU BISMÉSYLATE D'ALMITRINE

par D. LAGNEAUX (Institut de recherches internationales Servier - France), invité, et Jean LECOMTE (ULg), membre titulaire.

Le rat anesthésié, correctement appareillé d'un spectromètre de masse et d'un système pneumotachographique dont les signaux sont digitalisés et traités par ordinateur en vue de l'obtention des données alvéolaires, peut servir de modèle animal pour l'analyse des facteurs qui entrent en jeu lors du contrôle chémosensible de la ventilation. Les différents contrôles physiologiques de l'organisation des réponses ventilatoires du rat aux chémostimulations prouvent la validité de ce modèle.

Une modification de l'activité des chémorécepteurs artériels phériphériques peut être induite par le bismésylate d'almitrine. Cette substance provoque, par stimulation des chémorécepteurs artériels périphériques, une hyperventilation. En outre, une augmentation des réponses à l'hypoxie et un abaissement du seuil de réponse au CO2 sont observés. Ces modifications de sensibilité jouent un rôle dans le maintien même de l'hyperventilation en présence d'une hyperoxie et d'une hypocapnie alvéolaires qui, en d'autres circonstances, conduiraient à une hypoventilation par la mise au repos de tous les chémorécepteurs tant périphériques que centraux.

La composition moyenne de l'air alvéolaire n'est donc pas seulement conditionnée par la relation entre le débit ventilatoire et les débits des gaz métaboliques, mais aussi par l'état réactionnel des systèmes de contrôle.

SUMMARY

When correctly connected to a mass spectrometer and to a pneumotachographic system whose signals are digitized and computerized on a PC, in order to obtain mean alveolar data, the anaesthetized rat appears to be an accurate animal model, well adapted to the analysis of the factors interfering in the chemoreflex control of the ventilation. Various physiological trials on the organization of the ventilatory responses to chemostimulation subtantiate the model's validity.

A variation in the activity of the peripheral arterial chemorecepteurs can be obtain the i.v. injection of almitrine bismesilate. The drug induces a long lasting hyperventilation, acting by a stimulation if these receptors. Besides, an increase in the chemorecepteurs sensitivity to hypoxia and to carbon dioxide is observed. These changes in the excitability of the receptors play a part in the follow up to the hyperventilation when hyperoxia and hypocapnia are present. In normal conditions, these situation would suppress central as well as peripheral chemoreceptors activities.

Mean alveolar pressures of the respiratory gases appear to be dependant not only on the relation between ventilation and metabolic gases flow rate but also of the functional state of the control system.