Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Georges Primo, membre titulaire

(Séance du 28 mai 1988)

LA TRANSPLANTATION CARDIAQUE DANS LE TRAITEMENT DE L’INSUFFISANCE CARDIAQUE TERMINALE

par Georges PRIMO, membre titulaire. 

De nos jours, la transplantation cardiaque peut être considérée comme un traitement efficace utilisable pour des patients souffrant d’insuffisance cardiaque au stade terminal de l’évolution.

La découverte de la cyclosporine et l’utilisation de ses propriétés immunosuppressives puissantes ont considérablement amélioré le pronostic de survie à long terme des patients transplantés.

Lorsqu’au début de l’année 1982, la cyclosporine est devenue disponible dans notre pays, nous avons remis en route un programme de transplantation dans notre service.

Depuis mars 1982, à fin décembre 1987, nous avons réalisé 108 transplantations cardiaques chez 107 patients. Cinquante-quatre transplantations ont été réalisées dans le courant de l’année 1987. L’âge moyen pour l’ensemble du groupe est de 47 ans, l’âge le plus bas étant 5 ans et le plus élevé 64 ans.

Quarante-neuf pour cent des patients souffraient d’une cardiopathie ischémique terminale, 43,5% présentaient une cardiomyopathie congestive dilatée d’étiologie conjecturale, 4,5% avaient une cardiopathie d’origine valvulaire, 2% avaient une myocardite dégénérative d’étiologie toxique et 1% était un transplanté cardiaque en rejet chronique.

Le traitement immnodépresseur pré- et peropératoire, de même que le traitement postopératoire au long cours, comportent de la cyclosporine, de l’azathioprine et des stéroïdes.  Quelques patients opérés au cours de la dernière année ont été traités pendant les deux premières semaines avec des anticorps monoclonaux anti OKT3 associés à de l’azathioprine et des stéroïdes.  Ensuite ces anticorps monoclonaux ont été relayés par de la cyclosporine introduite dans le schéma thérapeutique à partir du 15ème jour.

Vingt-cinq pour cent des greffons cardiaques ont pu être prélevés sur place dans notre hôpital, 50% furent prélevés en Belgique dans d’autres institutions hospitalières et 25% furent fournis par des donneurs hospitalisés dans des pays étrangers, principalement la Hollande, l’Allemagne et l’Autriche.  La mortalité intra hospitalière a été de 13 %.  Les causes principales de mortalité sont soit une infection, soit une défaillance droite rapide du cœur transplanté. La morbidité est due à des complications septiques majeures, à de l’insuffisance rénale transitoire et à des épisodes de rejets réversibles. La mortalité tardive survenue après des délais variables concerne douze patients dont les ¾ sont décédés suite à un état  de rejet chronique.

Le taux actuel de survie actuarielle est de 75 % et 70 % respectivement au bout de 1 an et 5 ans.

Considérant les résultats obtenus dans cette expérience, comparables aux résultats des centres étrangers, nous croyons pouvoir dire que la transplantation cardiaque est une thérapeutique efficace pour des patients sélectionnés qui souffrent d’insuffisance cardiaque terminale réfractaire à tout autre forme de traitement.