Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion de la communication de MM. J. Roskam, H. Van Cauwenberghe, C. Heusghem et M. Vliers sur l'"Intérêt du dosage des corticoïdes sanguins et urinaires dans diverses affections médicales"

(M. Castille, Premier Vice-Président, assume la présidence.)

            M. F. Liégeois. – Dans leur communication, MM. Roskam et coll. Attirent, avec raison, l’attention sur la prudence dont il faut faire preuve dans l’appréciation des résultats fournis par le dosage des corticoïdes sanguins et urinaires. Leurs conclusions ne sont pas de nature à simplifier l’exploration fonctionnelle des surrénales, spécialement chez les animaux, car on se doute de la difficulté d’appliquer ces techniques, de même que le test de Thorn, en clinique vétérinaire ; ces difficultés expliquent sans doute le fait que jusqu’à présent aucun cas d’insuffisance surrénale ne fut diagnostiqué in vivo chez l’animal.

            Toutefois, nous n’avons pu, il y a un an, faire ce diagnostic sur un chien vivant ; il fut confirmé par la constatation nécropsique d’une sclérose totale des deux cortico-surrénales ; cette observation fit l’objet d’une communication à la Société belge d’Endocrinologie. Nous fûmes orienté vers ce diagnostic par des signes cliniques rappelant ceux de l’addisonisme humain ; notre suspicion se confirma par la constatation d’une hyponatrémie et d’une hyperkaliémie absolument significatives. Le dosage des corticoïdes ne fut pas exécuté, d’autant plus que les auteurs s’accordent à dire que leur métabolisme chez le chien n’est pas comparable à ce qu’il est chez l’homme. Aussi avons-nous conclu à l’importance, chez l’animal, de ces deux données chimiques, hyponatrémie et hyperkaliémie, dans le diagnostic de l’insuffisance cortico-surrénale, à condition de les intégrer dans le complexe clinique.

            Comme M. Roskam n’a pas fait mention de ces deux données dans les cas d’addisonisme qu’il rapporte, j’aimerais savoir quelle valeur il leur accorde.

            M. J. Roskam. – En clinique humaine, dans les hypoépinéphries chroniques, l’hyponatrémie et l’hyperkaliémie, de même que l’hypoglycémie apparaissent souvent avec un notable retard sur la symptomatologie générale. Aussi bien, les dosages sanguins de potassium, de sodium et de glucose ont-ils moins d’importance pour le diagnostic qu’un ensemble cohérent de signes cliniques.

            A l’heure actuelle, la meilleure façon d’apprécier l’état des surrénales – comme je l’ai mentionné dans mon exposé – est encore d’étudier leur réactivité par rapport à l’ACTH, par le truchement des corticoïdes sanguins et urinaires. Donc, quand l’observateur rencontre un complexe clinique qui oriente simplement son diagnostic vers la possibilité d’une insuffisance surrénalienne, c’est de cette manière qu’il confirmera le plus sûrement son hypothèse.

            Séance du 19 juillet 1958.