Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire de M. R. Soeur, de Bruxelles, et intitulé : "Le pied plat contracturé et les synostoses des os du tarse"

La Commission était composée de MM. R. Danis et M. Cheval, Membres titulaires, et de M. P. Lacroix, Correspondant.

            Affection de l’adolescent et de l’adulte, le « pied plat contracturé » est caractérisé par des douleurs locales à la marche, par une déformation du pied en pronation et par une contracture des muscles péroniers latéraux.

            La pathogénie du syndrome commence, semble-t-il, à être mieux comprise, depuis qu’on a remarqué que nombre de ces pieds plats présentaient certaines anomalies congénitales, notamment des synostoses calcanéo-scaphoïdiennes, astragalo-calcanéennes et scapho-cuboïdiennes.

            Le traitement reste controversé, la plupart des auteurs admettant cependant que les méthodes non opératoires sont peu efficaces.

            Ces questions ont été assez bien étudiées dans les pays anglosaxons et en Allemagne, mais elles sont restées négligées dans les publications de langue française.

            Le Docteur R. Sœur nous présente sur le sujet une intéressante contribution personnelle.

            Sur la pathogénie, l’auteur fait état de 21 observations dans lesquelles il a relevé 15 anomalies congénitales, dont 10 synostoses calcanéo-scaphoïdiennes. Pareille association ne peut raisonnablement être mise sur le compte d’une coïncidence fortuite. Qu’une anomalie en somme assez rare se décèle avec une telle fréquence dans le pied plat contracturé, indique que, lorsque la malformation existe, les symptômes cliniques lui sont liés.

            Adoptant ce point de vue, l’auteur se trouve conduit à chercher la raisonn pour laquelle le spasme affecte exclusivement les muscles péroniers latéraux : l’anomalie empêcherait mécaniquement les rotateurs internes, notamment le tibial postérieur et le tibial antérieur, de développer leur action.

            Sur le traitement, l’auteur exprime une opinion formelle et il préconise la double arthrodèse, sous-astragalienne et médiotarsienne. En cette matière, seuls comptent les résultats à longue échéance et nous devons faire remarquer que, sur les cinq cas qui sont analysés, trois n’ont pas encore un recul suffisant.

            Votre Commission estime que ce travail mériterait d’être publié dans le Bulletin de l’Académie car il est susceptible de susciter dans l’avenir des observations analogues qui seraient très utiles. Elle vous rappelle que le Docteur R. Sœur a été lauréat d’un concours de notre Académie en 1945.

Séance du 19 juillet 1958