Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'apprécier le mémoire déposé par MM. J. Carlier et G. Lejeune-Ledant, et intitulé "Etude du tracé capillaire pulmonaire chez le chien normal et chez le chien soumis à une insuffisance mitrale expérimentale"

La Commission était composée de MM. Albert, Brull et Lequime, rapporteur.

            MM. J. Carlier et G. Lejeune-Ledant ont soumis à l’Académie Royale de Médecine un mémoire dans lequel ils ont étudié les aspects présentés par la courbe de pression « capillaire pulmonaire » chez le chien normal ainsi qu’au cours d’une insuffisance mitrale expérimentale réalisée chez cet animal.

            Dans une première série de recherches, ils montrent que la pression moyenne « capillaire pulmonaire » chez l’animal normal, est un reflet fidèle de la pression auriculaire gauche et que par ailleurs les morphologies des tracés capillaires et auriculaires gauche sont semblables. Chez le chien ayant subi une insuffisance mitrale expérimentale, ils observent que l’onde de régurgitation mitrale se transmet, en règle habituelle, au « capillaire pulmonaire ». Lorsque l’insuffisance mitrale est peu importante, l’onde de régurgitation capillaire peut manquer mais alors elle fait également défaut sur le tracé auriculaire gauche.

            Dans d’autres expériences, les auteurs ont modifié la pression auriculaire gauche d’animaux porteurs d’une insuffisance mitrale expérimentale par divers procédés (oblitération de l’aorte, injection de substances pharmacodynamiques) ; dans de telles conditions, toute augmentation de la pression auriculaire gauche se transmet au « capillaire pulmonaire », et l’on note au niveau de ce dernier un accroissement très marqué de l’onde de régurgitation. Un tel phénomène se rencontre aussi mais de façon temporaire lors de l’injection rapide de liquide physiologique, dans une veine cave.

            Dans une dernière série de recherches, les auteurs ont augmenté expérimentalement les résistances vasculaires pulmonaires de chiens ayant une insuffisance mitrale ; l’accroissement des résistances vasculaires entraîne un amortissement et un retard de transmission de l’onde de régurgitation mitrale vers le « capillaire pulmonaire ».

            Les recherches de MM. Carlier et Lejeune-Ledant ont trait à un sujet encore controversé et ayant fait l’objet de beaucoup d’études chimiques et expérimentales. De leurs investigations, il ressort que la pression « capillaire pulmonaire » est un reflet fidèle de la pression auriculaire gauche et que dès lors l’utilisation du cathétérisme du cœur droit pour évaluer la pression auriculaire gauche reste légitime. Les auteurs montrent en outre d’une façon très nette qu’une insuffisance mitrale expérimentale et les divers facteurs qui l’accentuent, retentissent sur la pression « capillaire pulmonaire » et donnent à sa courbe une morphologie particulière. Ce point est digne d’être souligné, étant donné la difficulté que l’on a souvent en clinique humaine de déterminer avant une commissurotomie mitrale, s’il existe ou non une régurgitation mitrale significative.

            MM. J. Carlier et G. Lejeune-Ledant ont poursuivi leurs investigations avec une grande rigueur expérimentale et leurs conclusions sont pleines d’intérêt.

            La Commission propose d’adresser des remerciements aux auteurs et de publier leur travail dans le Bulletin de l’Académie de Médecine.

            M. le Président. – Je remercie M. Lequime et je suppose que l’Académie se rallie aux décisions de la Commission. Le rapport et ses conclusions sont donc adoptés.

Séance du 22 février 1958.