Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'apprécier l'étude de M. Buydens, Directeur des Laboratoires de la Compagnie Intercommunale Bruxelloise des Eaux, intitulée : "Présence du Fluor dans les eaux de distribution des Flandres"

Dans une étude antérieure présentée à notre Compagnie (Bulletin, t. XXI, 1956, p. 132), M. Buydens avait signalé, dans certaines eaux de distributions de la Flandre occidentale (Courtrai, Mouscron, Menin, Pecq, Saint-Lèger), la présence de fluor, et dans quelques localités même à des doses supérieures à 1 milligramme F par litre.

            Il a expliqué ce fait par le rabattement des nappes à la suite de pompages intensifs ; les eaux passent alors dans la zone dite de salure où s’effectue un échange d’ions.

            Dans le même ordre d’idées, M. Buydens a continué ses investigations portant sur les eaux d’Audenarde. Cette ville de la Flandre orientale s’approvisionnait jusqu’en 1939 exclusivement aux sources émargeant à environ 2 km, à Volkegem. C’est en raison de la consommation plus forte qu’elle a été amenée à forer sur son territoire un puits artésien destiné à lui fournir le complément nécessaire.

            L’auteur expose dans son travail les résultats de ses analyses. Un premier tableau montre la composition de l’eau fournie par les sources de Volkegem ; c’est une eau dure, riche en sels de calcium et de magnésium. Au contraire, comme le montre le deuxième tableau, l’eau provenant du forage est plus pauvre en ces deux éléments, mais par contre elle s’en différencie par un accroissement des sels alcalins, potassiques et sodiques. Et, ce qui intéresse particulièrement l’hygiéniste, on constate que la teneur en fluor, qui dans l’eau de la nappe de Volkegem était de 0,19 mg au litre, est passée dans l’eau du puits artésien à 4,8 mg par litre.

            C’est une teneur élevée quand on se rappelle que les Américains, qui se sont livrés à beaucoup d’études dans ce domaine, considèrent 1 mg de F par litre de boisson comme une limite qu’on ne devrait pas dépasser.

            Dans son mémoire, M. Buydens a le mérite d’attirer des hygiénistes sur ces faits qui peuvent exercer une influence sur la santé des consommateurs. Il insiste sur la nécessité qui s’impose de procéder à des analyses complètes des eaux de boisson, et aussi de tenir compte de certains éléments tels que le fluor qui, jusqu’à présent, étaient considérés comme négligeables.

            La Commission propose à l’Académie d’adresser des remerciements à M. Buydens et de publier sa note in-extenso dans notre Bulletin. M. Buydens figure sur la liste des candidats à une place de membre correspondant.

            M. le Président. – Je remercie M. Schoofs de la lecture de son rapport et les membres de la Commission pour leur travail.

            L’Académie se rallie-t-elle aux conclusions de nos Collègues ? Personne n’ayant de remarque à faire, je les déclare adoptées.

            Séance du 25 janvier 1958.