Académie royale de Médecine de Belgique

|

Rapport de la Commission chargée d'apprécier le travail manuscrit soumis par Melle Casier et M. Delaunoit sous le titre: "Intoxication par l'alcool éthylique et son importance en cas d'accidents routiers"

La Commission était composée de MM. R. Bruynoghe, rapporteur, et C. Heymans, Membre titulaire.

            Le travail présenté par Melle H. Casier et M. A.L. Delaunois concerne une question qui a fait l’objet de très nombreuses publications au cours de ces dernières années.

            Les auteurs ont cru de leur devoir de communiquer les résultats de leurs recherches et de leurs observations parce qu’ils ont constaté que le nombre d’accidents routiers dus à l’éthylisme s’élève de plus en plus. A l’appui de cette affirmation, ils rapportent dans un tableau le pourcentage d’accidents dus à l’ébriété et à l’ivresse au cours des dix dernières années dans les régions de Gand et de Courtrai.

            Ils envisagent ensuite la question du prélèvement et de la conservation du sang pour le dosage de l’alcool.

            Ils insistent, avec raison, sur le fait que le prélèvement ne peut être fait au moyen de seringues nettoyées à l’alcool ou à l’éther, que cette faute peut amener dans le distillat des quantités notables de substances réductrices, ce qui occasionne des erreurs graves dans le dosage de l’alcool.

            Les échantillons doivent, en outre, être conservés à basse température dans des tubes bien fermés, ne contenant pas trop d’air (tubes proportionnés à l’échantillon prélevé pour l’analyse). Les veinules conviennent particulièrement pour ces prélèvements, étant donné que le sang ou l’urine y sont conservés à l’abri de l’air.

            Ils utilisent pour le dosage la distillation de l’alcool et l’entraînement de ses vapeurs dans le mélange sulfochromique : la quantité de sulfate chromique ainsi formée est déterminée par voie spectrophotométrique.

            L’urine donne habituellement une teneur en alcool plus élevée que celle du sang, et les auteurs indiquent la quantité à retrancher pour connaître la concentration de l’alcool dans le sang.

            Cette partie de leur travail, très utile pour les expertises médico-légales, met en évidence que la quantité à retrancher de la teneur de l’alcool dans l’urine pour connaître la concentration dans le sang n’est pas la même dans tous les cas et qu’elle augmente avec la teneur.

            Quant à l’interprétation des teneurs de l’alcool relevées dans le sang, elle correspond à celle admise par les auteurs.

            Nous proposons de remercier les auteurs et d’insérer leur travail dans le Bulletin de l’Académie.

            Ces propositions sont adoptées.

Séance du 24 juin 1950