Académie royale de Médecine de Belgique

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Philippe Lepage (ULB) - Résumé + vidéo

De nouvelles vaccinations chez l’enfant : l’exemple du rotavirus.

par Philippe Lepage (ULB), remplacé par Georges Casimir (Hôpital Universitaire des Enfants Reine Fabiola - ULB).

Le rotavirus est la cause la plus fréquente de gastroentérite aiguë chez les jeunes enfants dans le monde. Les deux vaccins disponibles actuellement contre ce virus (le Rotarix™ [RV1] et le RotaTeq™ [RV5]) sont efficaces et sûrs, cependant leur efficacité est moindre dans les pays en développement que dans les pays industrialisés. Les études réalisées dans des pays qui ont intégré le RV1 ou le RV5 dans leurs programmes de vaccination nationaux de routine ont confirmé leur bon profil de sécurité et leur efficacité sur un très grand nombre d'enfants, en dehors des circonstances privilégiées d'essais cliniques.  Une diminution significative des décès dus aux gastroentérites aiguës a été observée chez les enfants mexicains après l’introduction de la vaccination par RV1. Les deux vaccins ont réduit le nombre de cas de gastroentérites aiguës à rotavirus et de maladies sévères à ce virus (hospitalisations et/ou réhydratations intraveineuses). La vaccination a aussi été associée à une diminution spectaculaire des hospitalisations et des consultations pour  gastroentérites aiguës de toutes causes. L’immunité de groupe (herd immunity) post-vaccination de masse a aussi été suggérée aux Etats-Unis, en Australie et en Belgique. De plus, des études récentes sur la sécurité des vaccins réalisées après leur mise sur le marché ont permis d’évaluer des effets secondaires très rares (survenant chez < 1 sur 50.000 enfants vaccinés), tels que les invaginations. Des questions importantes demeurent cependant sans réponse. Primo, l’immunité de groupe conférée par les vaccins doit être confirmée et son importance précisée. Secundo, les modifications de génotypes des rotavirus pouvant être induites par la vaccination doivent être analysés et suivis. Tertio, l’impact sur le long terme de la vaccination, à la fois sur le fardeau de la maladie et sur les souches de rotavirus circulantes, doit être documenté. Quarto, nous avons besoin de plus de données concernant l’efficacité du RV1 et RV5 contre les génotypes les moins fréquents de rotavirus. Une surveillance continue sera nécessaire pour répondre à ces questions. De plus, les raisons d’une moindre efficacité  de RVI et RV5 en Afrique et en Asie nécessite des études complexes afin d'améliorer leur impact en terme de santé publique.  Finalement, d'énormes questions économiques et d'organisations doivent être résolues pour fournir ces vaccins dans les pays en développement.