Académie royale de Médecine de Belgique

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Jack Lévy (ULB) - Résumé

Vaccination de l’enfant : succÈs et dÉfis.

par le Professeur Jack Levy (Chef de service de pédiatrie, CHU Saint-Pierre).

La diminution de la mortalité infantile au cours du XXème siècle est en grande partie liée au contrôle des maladies infectieuses. L’amélioration des conditions socio-économiques – accès à l’eau potable et à des apports nutritionnels adéquats, amélioration des conditions sanitaires - a très largement contribué à ce résultat, réduisant l’incidence, la sévérité ou les complications de certaines des infections les plus sévères rencontrées chez le jeune enfant : maladies diarrhéiques, streptococcies et leurs complications, tuberculose... La vaccination est l’intervention préventive médicale dont l’impact bénéfique sur les infections sévères de l’enfant a été le plus important, particulièrement au cours des dernières années grâce au développement de nouveaux vaccins, mais également à leur utilisation dans le cadre de politiques de santé garantissant une large distribution aux populations concernées.

L’impact favorable des vaccins inclus dans les programmes de vaccination est bien établi pour chacun d’entre eux. C’est ainsi que la poliomyélite, dont les épidémies ont été particulièrement sévères dans l’après-guerre, a été éliminée des pays industrialisés où la vaccination est généralisée depuis les années 1960, et de la plupart des pays moins affluents. Haemophilus influenzae b, première cause de méningite bactérienne, d’épiglottite et d’ostéomyélite chez les enfants de moins de cinq ans jusqu’en 1992, n’est plus isolé que de façon tout-à-fait exceptionnelle. La poussée épidémique d’infections par le méningocoque du groupe C qui a débuté à la fin des années 1990 dans plusieurs pays d’Europe occidentale a été interrompue par la distribution d’un vaccin aux groupes d’âge à risque. Ces succès ne doivent pas occulter les obstacles qui persistent pour le contrôle des maladies qui peuvent être prévenues par la vaccination. Ces obstacles peuvent trouver leur origine dans des limitations à la protection conférée par ces vaccins, ou aux conditions de leur utilisation. A titre d’exemple, dans un nombre limité de pays, la précarité des moyens de communication, les conflits armés récurrents ou le rejet de la vaccination entretenu par des campagnes de désinformation empêchent d’arriver à au contrôle de la poliomyélite, repoussant régulièrement l’espoir d’arriver à une éradication de la maladie. Alors que le développement de formulations de vaccin acellulaire contre la coqueluche permettait d’espérer un meilleur contrôle de la maladie, des flambées épidémiques récentes suggèrent que l’immunité conférée par ces vaccins est de courte durée. La morbidité et la mortalité de cette affection sont particulièrement importantes chez les très jeunes nourrissons, amenant les autorités de santé à recommander de les protéger indirectement en vaccinant les femmes enceintes pendant la grossesse dans l’attente de nouvelles approches vaccinale garantissant une protection au long terme ou utilisables dès la naissance..