Académie royale de Médecine de Belgique

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Discours Jacques Boniver, fin de mandat présidentiel 2014

Allocution de M. J. BONIVER, Président sortant

Monsieur le Président,

Monsieur le Secrétaire perpétuel,

Madame et Messieurs les membres du Bureau ancien et nouveau,

Chères Consoeurs, chers Confrères,

Mesdames et Messieurs,

J’ai été heureux de présider notre Compagnie pendant une année. Je me dois avant tout de remercier tous ceux qui ont participé effectivement aux travaux de l’Académie pendant cette période : notre Secrétaire perpétuel, évidemment, toujours prêt, toujours réactif, toujours proactif,  les membres du Bureau sortant à savoir Jacques Brotchi, Jacques Melin, Danièle Balériaux, Y. Pirson et Luc Willems, ainsi que János Frühling qui nous a encore prodigué ses conseils mais qui nous a annoncé qu’il abandonnait le Bureau dès la fin de l’année 2014 ; sachez Monsieur Frühling que nous vous sommes tous très reconnaissants pour tout ce que vous avez apporté à notre Compagnie.

Merci aussi à  vous les membres de l’Académie ainsi qu’à un certain nombre d’experts qui nous ont assistés dans nos travaux et bien entendu merci à notre coordinateur administratif Alexandre Buchet, qui prend soin de la bonne organisation et de la bonne gestion ; merci aussi au staff administratif attaché à notre Académie.

Au cours de cette année, et ce grâce au bilinguisme de notre Secrétaire perpétuel et à son opiniâtreté et malgré ma faiblesse insigne en néerlandais, nos contacts avec la KAGB  ont été renforcés. Plusieurs projets, - nouvelles subventions aux chercheurs, avis et recommandations, - sont menés en commun. Des réunions communes des Bureaux des deux Académies sont d’ailleurs prévues. Toutefois, je reste convaincu que même si les deux Académies doivent se concerter, l’ARMB doit, dans certains cas, aller de l’avant, seule, car on se doit d’être pleinement conscient de l’évolution de notre pays.

En 2014, nous avons organisé dix séances publiques, trois colloques dédiés respectivement à la pédiatrie, à la médecine de la guerre 14-18 et aux vaccinations, et enfin la séance de remise de prix à des chercheurs méritants.

Nous pourrons bientôt ajouter trois nouvelles subventions et prix à la longue liste de ceux qui peuvent être attribués à nos chercheurs : le Prix D. Cuypers-Vaneeckoudt pour des recherches sur le thème « Médecine et environnement »,  la Bourse de doctorat GSK pour des recherches en Immunologie/Vaccinologie et le Prix Docteurs Paul et Philippe Martin pour la neurochirurgie. Les procédures sont en voie de finalisation et l’appel aux candidatures pourrait être lancé dès cette année 2015.

Nous avons publié nos recommandations à propos du projet d’extension aux mineurs de la loi sur l’euthanasie et nous avons complété notre réflexion à propos des soins palliatifs pédiatriques ; un document a été présenté à la Ministre Onkelinx ; nous avons préparé un rapport sur la problématique de la fin de vie chez les patients atteints de maladie cérébrale incurable et ce grâce à l’aide d’experts  non membres de notre Compagnie (l’un d’entre eux vient de nous rejoindre comme membre associé: Eric Salmon) ; ce rapport sera diffusé bientôt parmi vous.

Nous avons rédigé un rapport sur la relation possible entre expositions aux pesticides et les leucémies chez les enfants et ce suite à une interpellation citoyenne.

Des rapports techniques ont été préparés comme celui qui concerne les examens réalisés dans les pharmacies et celui concernant les soins médicaux en mer.

Nous avons publié un avis motivé concernant l’actualisation des critères généraux d’agrément de médecins spécialistes, en particulier pour promouvoir la pratique de la recherche scientifique biomédicale pendant la spécialisation, avis que nous avons présenté au Cabinet de la Ministre Onkelinx. Comme vous le savez, l’Arrêté ministériel d’avril 2014 a repris nos souhaits. Notre action a été utile.

Nous avons beaucoup travaillé sur la problématique liée à l’augmentation impressionnante du nombre d’étudiants et de diplômés en médecine et en dentisterie avec les problèmes que cette situation pose d’une part pour l’accès aux formations complémentaires requises pour la pratique médicale ou dentaire dans le cadre de la Sécurité sociale et d’autre part pour la qualité de la formation. Je suis assez satisfait de constater que ce dossier avance mais l’on peut regretter le dispositif que le Ministre Marcourt se prépare à décréter à savoir une sélection à la fin du Bac1. Dans ce dossier, j’aurais personnellement souhaité une collaboration plus soutenue avec les Doyens de nos Facultés de Médecine. Certains d’entre vous savent qu’il s’agit d’une problématique à laquelle j’ai consacré beaucoup d’énergie depuis plus de vingt ans et en particulier lorsque j’étais Doyen puis pendant mes mandats ici à l’Académie. Dès 1992, à la suite d’un débat au Conseil de Faculté, le Pr H. Kulbertus était Doyen à l’époque, j’avais rédigé une note sur le « numerus clausus » ; je vous lis les conclusions de cette note : « je ne suis pas personnellement convaincu de la nécessité d’un numerus clausus. Je crois toutefois que les pressions politiques et syndicales seront telles que l’on ne pourra pas s’opposer à son établissement. Je crois que seule la sélection par un examen d’entrée après les études secondaires est juste et équitable. Je suis certain que l’enseignement secondaire sera capable de préparer ses étudiants à un tel examen. » Fin de citation. Rien n‘a changé si ce n’est la communautarisation du débat que je ne percevais guère à l’époque : j’étais encore jeune et naïf. Soit… Mais je reste aujourd’hui convaincu de la nécessité d’une régulation du nombre d’étudiants en médecine, de préférence via un examen d’entrée et par conséquent d’une limitation du nombre de diplômés, et ce principalement pour garantir la bonne qualité de leur formation.

Sur ce sujet, à savoir la planification de l’offre médicale et l’accès aux études de médecine et en dentisterie,  comme Président de notre Compagnie, j’ai été auditionné le 27 janvier par la Commission de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et des Medias du Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. J’y ai présenté nos recommandations. Je ne suis pas certain d’y avoir été entendu.

Notre Bureau a pris des contacts avec les autorités politiques qui sont ou qui peuvent être intéressées par notre Académie ; nous avons rencontré  le Ministre–Président de la FWB Rudy Demotte dont dépend notre allocation de fonctionnement.

Le Bureau  envisage aussi de rencontrer, de concert avec la KAGB, la Ministre Maggie De Block pour lui faire connaître les points de l’accord gouvernemental pour lesquels les Académies peuvent apporter leurs compétences d’avis. Cette réunion aura lieu au cours des prochains mois. Je m’arrêterai là pour ne pas allonger inutilement le propos.

Deux commentaires pour terminer.

Le premier est : l’Académie royale de Médecine est-elle utile au-delà du plaisir qu’elle donne à un certain nombre d’entre nous  qui se réunissent ici une fois par mois pour entendre des lectures d’excellent niveau, comme cela s’est passé ce matin ?

Nous bénéficions, je crois, d’une reconnaissance d’estime à de nombreux niveaux. Nos interventions récentes dans les domaines que j’ai évoqués il y a quelques instants ont fait l’objet d’un certain intérêt comme en témoigne le fait qu’au cours des deux dernières années nous avons été auditionnés dans divers Parlements au sujet du projet d’extension de la loi sur l’euthanasie aux mineurs d’âgés, sur les pratiques non conventionnelles, sur le numerus clausus et nous nous sommes rendus à plusieurs reprises dans les Cabinets ministériels.

Mais avons-nous été entendus ? Avons-nous influencé les décisions ?  Un peu certainement, mais je crois que nous devons  renforcer notre impact.

A plusieurs reprises, cette année, Augustin Ferrant et moi en avons discuté. Bien choisir les thèmes de nos avis, bénéficier de l’implication active des membres, améliorer nos méthodes de communication, donner un avis rapidement sont certainement des pistes. Soyons optimistes.

Et enfin, un petit mea culpa : je dois reconnaître que je n’ai pas répondu assez souvent présent à des invitations qui m’étaient adressées comme Président de l’Académie pour diverses manifestations comme des remises de prix, des séances de rentrée académique, etc... Mais je dois vous dire que toutes ces activités sont centralisées ici à Bruxelles et que je suis venu pendant cette année de deux à quatre fois par semaine dans cette belle capitale. Mission entreprise, certainement pas totalement accomplie.

J’ai toute confiance dans le nouveau Bureau qui s’installe aujourd’hui : notre nouveau Président Jacques Brotchi et ses deux vice-présidents Jacques Melin et Gustave Moonen entourés des assesseurs Danièle Balériaux, Yves Pirson et Jacques Crommen sous l’œil attentif et actif du Secrétaire perpétuel.

Chers Collègues, je vous souhaite grand succès.

Quant à moi, je reste évidemment à disposition de la Compagnie dans certaines commissions et groupes de travail, mais très sagement, je rentre dans le rang.

Mon cher Jacques, cher Président, Je te passe la parole.