Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé édouard Bonnefous, membre honoraire étranger

(Séance du 26 septembre 1992)

DÉFENSE DE L'HOMME ET ENVIRONNEMENT

par Édouard Bonnefous, chancelier de l'Institut de France, membre de l'Académie nationale de Médecine, ancien ministre d'État, membre honoraire étranger

 

Dans les années 1960, l'environnement n'était pas encore un problème inquiétant. Essayant d'attirer l'attention des responsables et de l'opinion, je me heurtais à l'indifférence et au scepticisme. Nombreux étaient ceux qui étaient persuadés, aussi bien en Europe qu'aux Etats-Unis, que le progrès suivrait une industrialisation croissante.

Si mes ouvrages de l'époque, "La terre et la faim des hommes", puis "Le monde est-il surpeuplé?", recueillaient des échos favorables, ils ne parvenaient pas à provoquer une réelle prise de conscience. Jean Rostand, le savant de renommée mondiale, m'ayant vivement encouragé à poursuivre la bataille, je publiais en 1970 "L'homme ou la nature" avec une magnifique préface de lui, qui allait largement contribuer au grand succès de l'ouvrage. Le gouvernement français décida alors de créer un ministère de l'Environnement.

En vingt ans, les préoccupations de l'environnement ont pénétré tous les secteurs, obligeant les gouvernements à multiplier les textes législatifs. Les forces politiques traditionnelles ne peuvent plus faire campagne sans se prononcer sur ces questions. Les médias y consacrent d'innombrables émissions télévisées ou radiodiffusées. Les "Verts" prennent de plus en plus d'importance.

 

Nous savons désormais que nos ressources ne sont pas inépuisables. L'homme n'ayant cessé de bafouer la nature avec les instruments qu'il a acquis de la civilisation industrielle, l'écosystème est en péril. A partir de 1945, les armes nucléaires ont prouvé à l'homme son pouvoir maléfique. La prophétie de Nietszche, qui date cependant d'un siècle, devient chaque jour plus vraie: "Nous sommes d'un temps dont la civilisation est en danger de périr par la civilisation".

Il m'a donc paru souhaitable de consacrer ma communication à cette question devenue aujourd'hui capitale et de résumer ainsi mes observations:

 

-        premièrement, rappeler des constats globaux et alarmants,

-    deuxièmement, évoquer les solutions que nous pouvons apporter aux problèmes du monde développé,

-        troisièmement, déterminer les remèdes concernant le tiers-monde.

 

 

Des constats globaux alarmants

A la fin du mois de juin dernier, quatre-vingts astronomes réunis à Paris, au siège de l'UNESCO, ont adopté une déclaration réclamant "la réduction des influences néfastes de l'environnement sur l'astronomie". Les spécialistes constatent en effet que les conditions d'observation ne cessent de se dégrader et que "dans dix ans, l'astronomie ne sera plus possible de la Terre". L'opacité croissante de l'atmosphère est la cause de ce phénomène qui peut s'expliquer par les rejets industriels, l'accumulation de poussières, les interférences radioélectriques.

Autre constat irréfutable: la destruction massive des surfaces forestières tropicales. De 1980 à 1990, leur surface a baissé de 9% en Amérique latine, de 7,7% en Afrique et de 11,5% en Asie du sud-est. D'ici l'an 2000, les prévisions font état de diminutions accrues, respectivement de 18, 10,4 et 24%. La déforestation est un drame. Avec elle, c'est surtout un patrimoine génétique considérable qui disparaît.

Dans les pays de l'hémisphère nord, ce sont les pluies acides qui ont détruit la forêt. On vient de constater le désastre écologique de l'Europe centrale, des pays baltes et d'autres zones de l'ancienne Union soviétique. N'oublions pas que dans la seule Europe, plus de cinq millions d'hectares sont concernés par cette mesure.

L'état des mers, qui commandent le cycle vital de l'eau, nous offre un autre exemple significatif.

Il est inutile de rappeler ici les effets des innombrables catastrophes maritimes et de la pratique permanente des dégazages sauvages. En revanche, un aspect négligé me paraît devoir être évoqué: nos mers commencent à devenir des poubelles nucléaires. Alors que l'on compte plus de cinq cents sous-marins nucléaires qui sillonnent le monde, l'agence internationale pour l'énergie atomique, installée à Vienne, a recensé plus de trente accidents, soit de navires qui ont coulé, soit d'engins aériens -avions ou satellites- qui sont tombés en mer, avec leurs moteurs nucléaires ou leurs ogives.

A cela s'ajoutent des déversements volontaires de déchets nucléaires qui ont été effectués entre 1946 et 1982 et qui représentent environ cent mille tonnes dans l'océan atlantique. Il n'y a pas que les mers fermées comme la Méditerranée qui sont dangereuses. Les eaux côtières polluées par les concentrations industrielles et les fortes densités humaines provoquent des problèmes sanitaires multiples.

Les milieux urbanisés nous offrent une situation qui est également préoccupante dans le monde entier. Les taux de plomb, de gaz carboniques, de produits souffrés, dans nos villes et nos régions industrielles, exigent des solutions rapides.

Je n'ai cessé de dénoncer depuis plus de trente ans une urbanisation excessive qui a provoqué une rupture totale entre les citadins et la nature.

Dans cet environnement de béton, la violence est devenue une forme de communication. L'usage de la drogue engendre par lui-même des rapports d'agression et les banlieues de nos métropoles sont régulièrement secouées par des explosions sociales. Partout en Europe -je n'excepte pas l'Europe centrale et orientale- ainsi qu'en Amérique du Nord, la délinquance ne cesse d'augmenter.

La pauvreté qui s'accroît dans les villes est une cause importante de ce phénomène: aux Etats-Unis, la situation d'une couche toujours plus large de la population ne cesse d'empirer. Cette société qui se divise est un des paradoxes de la vie nord-américaine, société d'abondance d'un côté, société de pénurie de l'autre, au sein de laquelle la drogue et les maladies -notamment le sida- ne cessent de progresser.

Le sida, que l'on peut comparer à la peste des temps actuels, aura des répercussions encore difficilement prévisibles. Plus d'un million de personnes déjà touchées en Amérique du Nord et dix millions dans le monde, dont six en Afrique. Et l'on fait état pour l'an 2000, de trente-huit à cent millions de porteurs du virus, sans que l'on puisse encore savoir à quel moment des solutions efficaces pourront être appliquées.

L'urbanisme est également responsable de constructions hâtives et de mauvaise qualité, qui engendrent un coût social considérable. Avec le temps, les immeubles modernes se révèlent eux-mêmes nuisibles pour la santé, dans la proportion d'un sur trois, et pour moitié parce qu'ils sont mal ventilés et accumulent pollutions internes et externes.

Comment ne pas évoquer ici les méfaits du bruit sur la santé? La pollution sonore est malheureusement trop négligée et les mesures prises pour la réduire sont encore trop modestes. Avec raison, l'Académie nationale de Médecine a consacré en France deux importantes séances à cette question et formulé d'intéressantes propositions. Les législations nationales et européennes ne seront efficaces qu'à partir du jour où elles seront systématiquement appliquées.

Réconcilier l'homme et son environnement urbain, c'est donc prendre en compte tous les paramètres en amont. Il ne faut plus remédier à des situations catastrophiques. Il faut avant tout les prévenir, c'est-à-dire ne plus rien entreprendre -construire des locaux d'habitation, des bureaux, des usines, des infrastructures de communication, des villes- sans penser préalablement aux conséquences sur la vie des populations.

 

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On pouvait espérer un accord unanime sur l'ensemble de ces graves problèmes. Aussi n'est-ce pas sans surprise que l'on a récemment pris connaissance de l'appel de Heidelberg. Plusieurs centaines de savants se sont élevés contre "l'émergence d'une idéologie irrationnelle qui s'oppose au progrès scientifique et industriel et nuit au développement économique et social".

Le professeur Jean-Marie Lehn, récent prix Nobel de Chimie, expliquait pour sa part: "Il ne faut pas qu'au nom de l'écologie, on en arrive à un totalitarisme qui empêcherait tout progrès".

Mais il ne faut surtout pas opposer le progrès et la défense de l'environnement. C'est dire que je préfère les explications de notre illustre astronome de l'Académie des Sciences, Jean-Claude Pecker, quand il déclare: "Les décisions politiques se doivent de prendre en compte d'abord des études scientifiques, les évaluations de risques probables, maximum et minimum, les travaux sur les interrelations entre les différents phénomènes en jeu".

La science n'a rien à gagner à se priver de l'écologie et inversément.

 

Des solutions adaptées au monde développé

L'échec de la conférence de Stockholm sur l'environnement -à laquelle j'assistais en 1972- et celui de la conférence de Rio de juin dernier, doivent nous amener à réfléchir sur la pertinence et l'efficacité de telles manifestations.

La situation est trop diverse dans le monde pour que des solutions conviennent à l'ensemble des pays.

Réfléchissons par exemple à la situation de l'ancien bloc soviétique: personne ne conteste que le gaspillage et parfois l'anéantissement des richesses et du patrimoine naturels ont contribué en partie à son effondrement moral et économique. Mais que voit-on aujourd'hui? Les écologistes de l'Est ont été marginalisés parce que dans des sociétés qui s'appauvrissent et sont confrontées à la pénurie, le discours sur la qualité de la vie passe après la satisfaction des besoins essentiels de la consommation. Dans nos pays post-industriels, la situation est heureusement bien différente: depuis des années, nous combattons victorieusement pour obtenir la réhabilitation des sites et des régions touchées par l'industrie, la limitation des pollutions en milieu urbain et l'intégration de l'environnement dans toutes les activités humaines.

Si beaucoup reste encore à faire, on ne peut nier les résultats déjà obtenus.

Dans le domaine de la pollution de l'atmosphère, les instruments de mesure permettent de détecter les seuils dangereux et d'adopter les décisions qui s'imposent. Les améliorations apportées à la qualité de l'air dans un certain nombre de grandes villes sont positives. Mais beaucoup reste à faire dans la limitation des rejets gazeux, particulièrement dans le respect des législations nationales et internationales.

La pollution des eaux est aussi un sujet de préoccupation majeur. Les agences de bassin ont permis la mise en place en France de politiques suivies et efficaces. La gestion de l'eau est devenue une question d'autant plus aiguë que la sécheresse s'est étendue depuis quelques années à l'hémisphère nord. Le danger de la pénurie menace et malheureusement 1% seulement des ressources en eau de la planète sont exploitables pour la consommation. A l'idée d'un droit à l'eau se substitue peu à peu celle d'un coût de l'eau. Ici encore, une concertation européenne accrue et des économies s'imposent. La pollution ne connaît pas de frontières: le Rhin en est un bon exemple. Sans l'accord de tous les riverains, l'état des eaux de ce fleuve ne pourra pas être amélioré. Seule l'action commune des autorités suisses, allemandes, françaises, néerlandaises, permettra de lutter efficacement contre les infractions.

Pour les mers, hélas, beaucoup reste à faire contre les pollueurs maritimes qui se réfugient derrière les pavillons de complaisance. On constate malheureusement un grand laxisme dans ce domaine: les naufrages à répétition de pétroliers n'ont fait que tragiquement l'illustrer. Les satellites d'observation des mers et des fonds marins qui viennent d'être lancés devraient faciliter la répression des infractions.

Depuis des années, on parle d'une meilleure gestion des déchets, mais le plus important reste à faire. L'Europe produit plus de deux milliards de tonnes de déchets chaque année. La France, à elle seule, en génère près de 580 millions! Depuis 1945, ces chiffres ne cessent de croître. Le recyclage de ces déchets, leur stockage, leur valorisation ont commencé par faire l'objet d'actions publiques et privées importantes. Mais les législations nationales et européennes n'ont pas encore réussi à imposer aux industries polluantes une attitude satisfaisante.

Comme les pollutions, les résidus sont la rançon du progrès. Leur volume et leurs nuisances sont proportionnels aux capacités productives et à la consommation d'une nation. Mais les ordures perturbent une société qui exige la sécurité et l'hygiène. Un habitant d'un pays industrialisé produit dix tonnes de détritus environ, sans parler des rebuts industriels -dont certains sont très nocifs- ni des rebuts hospitaliers (45% des pansements ou linges usagés et 5% de seringues ou débris très contaminés).

Est-il raisonnable de transporter par camion autant de déchets dangereux pour atteindre des décharges moins coûteuses au lieu de les incinérer sur place? Il faut aussi fermer les décharges sauvages. L'environnement et la santé doivent l'emporter sur la libre circulation des produits toxiques.

La décision qui s'impose d'urgence, c'est d'obtenir que chaque pays accepte le principe du recyclage sur son territoire, et que ce recyclage soit systématique.

Il reste encore à régler l'inquiétante question des déchets nucléaires. La France a, bien à tort, accepté d'être la poubelle du nucléaire en faisant commerce du recyclage des combustibles usagés dans les centrales du monde entier. Les résidus japonais, allemands, néerlandais sont traités à la Hague pour repartir ensuite dans leur pays sous forme de plutonium et de produits hautement radioactifs. Quel danger! On comprend l'hostilité des "Verts" dans tous les pays.

 

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Pour arriver à des résultats probants en matière d'assainissement de l'environnement, les décideurs des pays développés disposent aujourd'hui de plusieurs atouts. D'une part, les populations ont pris conscience des menaces et appuient les mesures prises en faveur de l'environnement. D'autre part, l'écologie est en train de faire une entrée en force dans l'économie de marché. Elle n'est plus considérée comme un obstacle aux profits. Elle est devenue un nouveau secteur qui se développe ou qui a pris sa place dans des activités déjà existantes (isolation thermique et phonique, recherche de nouveaux matériaux, instruments de détection et de régulation des pollutions, énergies nouvelles, gestion des espaces naturels etc.).

Nous devons à l'avenir être aussi vigilants sur les risques majeurs qui peuvent résulter d'une catastrophe naturelle (séisme, inondation...) ou du mauvais fonctionnement d'un site industriel. Le premier cas vient d'être illustré par le tremblement de terre qui s'est produit le 13 avril dernier, avec le Limbourg pour épicentre. La centrale nucléaire française de Cattenom a subi une secousse d'amplitude 5,6 sur l'échelle de Richter et les centrales allemandes plus proches se sont arrêtées automatiquement. On imagine la catastrophe si les dispositifs de sécurité avaient été  insuffisants. Le poids de l'opinion publique sur les responsables techniques, politiques et économiques doit être constant pour que les normes de sécurité soient les plus développées.

La centrale de Tchernobyl a dramatiquement montré les risques que peuvent engendrer la négligence et l'inconscience. On estime aujourd'hui, six ans après cet accident, qu'il a causé plus de sept mille morts et contaminé cinq millions de personnes. Que faire avec les vingt-six réacteurs du même type toujours en activité? Pour des raisons économiques, financières, sociales, les pays de l'ancien bloc soviétique se refusent à les fermer. Parfois même pour des raisons écologiques: en Tchécoslovaquie, où l'énergie nucléaire fournit 28% de l'énergie électrique, le nucléaire est la seule solution de remplacement face à la pollution atmosphérique engendrée par les centrales thermiques.

Mais ce n'est pas parce que la situation est complexe que l'on doit indéfiniment ajourner les décisions qui s'imposent.

 

Environnement et sous-développement

Je voudrais, en terminant, aborder l'immense problème des pays sous-développés et de leur environnement. Une fois de plus, la conférence internationale tenue à Rio de Janeiro, en juin dernier, a confondu deux problèmes: celui de la protection de notre environnement et celui de l'avenir des pays sous-développés. Les divergences des intérêts ont abouti à des résultats décevants, aucun engagement ferme n'ayant été contracté. Les documents signés à l'issue de la conférence ont été des déclarations d'intention ou des catalogues de mesures à mettre en place d'ici l'an 2000, donc sans effets contraignants pour les représentants des Etats participants, les pays en voie de développement exigeant une augmentation de l'aide sans engagement de leur part.

Il est vrai que dix-huit millions d'Africains sont menacés de famine et que des millions d'enfants auront du mal à survivre, la corne de l'Afrique et l'Afrique australe étant touchées par la sécheresse. Des éléments naturels -les zones désertiques gagnent de 50 à 70.000 km2 par an- l'incurie des dirigeants et le développement de monocultures spéculatives expliquent les désastres actuels. La démographie y a aussi sa part, même s'il faut nuancer selon les pays. Certains démographes soulignent très paradoxalement que l'Afrique reste un continent sous-peuplé par rapport aux autres continents, ce qui empêcherait la stimulation d'une surpopulation. 

Je ne suis pas d'accord avec ces propos. Entre 1950 et 1992, la population mondiale a plus que doublé, passant de 2,5 milliards à 5,5 milliards. Chaque année, elle augmente de 93 millions d'habitants. Selon les projections réalisées par la division de la population des Nations Unies, elle atteindrait dix milliards en 2050. Pour l'Afrique, les scénarios varient de 1,7 à 2,9 milliards en fonction des taux de fécondité retenus. Au vu de l'Afrique actuelle, qui compte moins de 700 millions d'habitants, on est en droit de s'interroger sur les éventuels effets positifs de cette hausse. Au cours des dernières décennies, les démographes ont constaté que l'urbanisation croissante des Africains s'accompagnait d'une dégradation sensible. Que deviendront ces métropoles misérables où la population a déjà été multipliée par quatre en quarante ans!

Les grandes villes du tiers-monde ne cessent de se développer au détriment des campagnes qui devraient produire une nourriture indispensable à des populations sous-alimentées. L'augmentation de la production agricole peut être comparée au chemin de fer tandis que celle de la population correspond à un avion à réaction.

La bombe démographique est la plus dangereuse pour le destin de l'humanité. Les problèmes de la surpopulation et de la faim passeront longtemps avant ceux de l'environnement.

Alors que faire? Tout d'abord tirer les conclusions de l'échec relatif de l'aide au développement. Tant que cette aide sera distribuée comme aujourd'hui, sans affectation claire, tant que cet argent et ces denrées seront confisquées par des administrations pléthoriques et inutiles, et des gouvernements, au détriment des intérêts véritables des populations dont ils ont la charge, les milliards s'envoleront. Les cultures spéculatives ont tué les cultures vivrières. Il faut que les économies des pays en question assurent en priorité la subsistance des populations et que leurs responsables acceptent de prendre les mesures qui s'imposent pour limiter une natalité exponentielle.

 

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Réconcilier l'homme et la nature est donc la tâche primordiale de cette fin de siècle. Il ne s'agit pas d'arrêter le progrès, mais de le contrôler. Nous sommes comptables de l'avenir pour les générations futures.

Je vous remercie, mes chers confrères, d'avoir bien voulu m'accueillir parmi vous. Je suis très sensible à l'honneur que vous me faites. Les liens très étroits entretenus par nos Académies devraient nous encourager à favoriser le projet de création d'une Fédération européenne des Académies de Médecine, projet présenté par notre confrère André Sicard et qui a été voté lors des séances du 150e anniversaire de votre Académie, en septembre de l'année dernière. Un nouveau pas est fait actuellement dans la construction européenne. Profitons-en pour développer entre nous une étroite coopération scientifique!