Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport Joseph J. Hoet, membre titulaire

(Séance du 13 juillet 1991)

RAPPORT TRIENNAL DU BUREAU EXÉCUTIF DE LA FÉDÉRATION INTERNATIONALE DU DIABÈTE

par Joseph J. Hoet, membre titulaire

J'ai l'honneur de déposer sur la table du Bureau de notre Compagnie des documents relatifs à la collaboration entre l'OMS et la "Fédération internationale du diabète".

Le rapport triennal de ladite fédération ainsi que le "directory" qui résume les activités de plus de cent associations représentant quatre-vingts pays membres de celle-ci, nous informent de l'état des soins et des services que ces associations offrent aux personnes atteintes de diabète.

L'estimation de la prévalence du diabète est que l'affection concerne cent vingt millions de malades, mais des chiffres, même approximatifs, manquent pour la Chine et la plupart des pays d'Afrique.

Nous savons également que 3/5 des gouvernements ou ministères de la santé à travers le monde n'ont aucun programme concernant le diabète.

Les informations actuelles prouvent que sur 7,5 millions de diabétiques utilisant l'insuline, 1,5 million ne sont pas assurés d'en disposer avec régularité. Les pays d'Afrique, certains pays d'Amérique latine ou d'Asie n'ont jamais disposé d'insuline, un des onze médicaments de première nécessité "life-saving drugs" de l'OMS, tandis que 9% des diabétiques de l'Europe d'aujourd'hui manquent de ce même produit.

Pour de nombreuses populations, l'insuline, même disponible dans leur pays, est inaccessible vu son coût, et les diabétiques traités par l'insuline doivent intervenir personnellement à concurrence de 60% du prix d'achat.

De tels documents permettent, pour la première fois, d'établir une perception globale de la géopolitique du diabète, grâce à des données chiffrées pour 3,8 milliards de personnes sur les 5,4 milliards qui peuplent le monde.

Vu ces faits, la fédération internationale du diabète a reçu un mandat de l'assemblée annuelle de l'OMS en 1989. En collaboration avec celle-ci, la fédération a alerté tous les gouvernements et les ministères de la santé. Elle a rédigé, en collaboration avec des experts, sous l'égide de l'OMS, des "guidelines for the development of a national programme for diabetes mellitus".

Déjà, des ministères de la santé de divers pays ont informé la fédération qu'un conseil national pour le diabète a été créé dans leurs ministères et ont envoyé des délégués aux symposiums de formation, organisés par la fédération.

Certains pays organisent déjà des cours de planification pour les médecins des ministères, des services et des caisses d'assurances.

Le Docteur Sullivan, ministre de la santé des Etats-Unis vient d'annoncer, à l'occasion du quatorzième congrès de la fédération à Washington, en juin 1991, devant 8.700 participants, une intensification des mesures de détection et des soins de santé dans le domaine du diabète et ceci, en particulier, pour les minorités qui en sont très touchées. La maladie a coûté aux Etats-Unis vingt-deux milliards de dollars en 1989.

La lecture de ces documents vous montre ce qui a été fait, mais surtout ce qu'il reste à faire dans le domaine de la détection, de l'éducation et de la thérapeutique, tant dans les pays développés que dans les pays en voie de développement. C'est pour ces derniers que la prévalence du diabète est la plus élevée et que les moyens sont dérisoires.