Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Jeanine-Anne Stiennon-Heuson

(Séance du 25 janvier 1992)

CONTRÔLE DE LA RÉGÉNÉRATION TUBULAIRE RÉNALE    

par Jeanine-Anne STIENNON-HEUSON (Université de Mons-Hainaut), invitée.

La nécrose tubulaire induite par divers agents pharmacologiques néphrotoxiques, tels les aminoglycosides ou certains dérivés du platine, est rapidement suivie par un processus de réparation tissulaire.  Ce dernier se caractérise par une augmentation rapide du taux de prolifération cellulaire dans l’organe.  Cette prolifération est proportionnelle à l’ampleur des lésions et reste principalement limitée aux structures tubulaires lésées par le traitement.  A la suite d’une nécrose tubulaire aiguë, on assiste à une dédifférenciation transitoire des cellules épithéliales impliquées dans le processus de réparation.  Cette régénération tubulaire est contrôlée et conduit, dans la plupart des cas, à une restauration rapide de l’architecture tissulaire ainsi qu’à une récupération des fonctions physiologiques normales de l’organe.

Le contrôle biologique de la réparation tissulaire rénale s’exerce par le biais de facteurs de croissance.  Des observations récentes indiquent que l’EGF (Epidermal growth factor) joue un rôle  important dans ce contrôle. En effet, nous avons pu démontrer par des méthodes immunocytochimiques et biochimiques, une diminution marquée du précurseur membranaire de l’EGF (prépro-EGF) dans le rein pendant le processus de réparation.  Parallèlement à ce phénomène, on observe en microscopie électronique l’apparition d’une immunoréactivité à l’EGF au niveau des membranes basolatérales des tubes distaux en une forme diffusible de faible poids moléculaire.   Cette dernière pourrait ensuite se fixer aux récepteurs des cellules proximales et déclencher la réparation tissulaire.