Académie royale de Médecine de Belgique

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Séance de la commission chargée de répondre à la question posée par l'Ordre des médecins de Liège à propos de la méthode dite "Solomidès"

Sont présents : MM. Tagnon, Welsch, Beumer, Bruynoghe, Govaerts.

            Le Président remercie le professeur Tagnon du précieux concours qu’il veut bien apporter à l’Académie et ouvrir la discussion.

            A la suite de l’échange de vues qui a lieu,

            La Commission décide de compléter le texte du 23 février 1980 par addition d’un 3e alinéa rédigé comme suit :

            3. La Commission rappelle qu’en matière de thérapeutique cancérologique, il est particulièrement important de n’employer que des modalités dont la valeur et l’efficacité ont été établies par les méthodes scientifiques. Le diagnostic doit être fondé sur l’examen biopsique et l’effet thérapeutique doit être évalué par mesure directe de la tumeur au cours d’une période d’observation de plusieurs mois ou années. Les résultats de l’étude thérapeutique doivent être publiés dans les journaux professionnels où ils peuvent être lus et contradictoirement évalués par les membres de la profession.

            Il ne paraît pas qu’aucune  de ces conditions ait été respectée par les auteurs du traitement « Solodimès ». Les résultats favorables invoqués ne sont pas basés sur un diagnostic biopsique exact et l’évolution de la maladie après traitement n’est pas comparée à son évolution naturelle en l’absence de traitement. Enfin, il n’existe pas de revue            d’ensemble des résultats obtenus comportant les garanties de diagnostic susdites et permettent d’évaluer la méthode de façon critique.

            Dans ces conditions, l’emploi de la « méthode Solomidès » ne peut être recommandé, d’autant plus que même si elle est sans danger, elle peut priver un patient du bénéfice d’une thérapeutique d’efficacité bien démontrée.