Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la commission conjointe des Académies royales de Médecine concernant l'homéopathie et la C.E.E.

       La commission conjointe de l’Académie royale de Médecine de Belgique et de la « Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België » s’est à nouveau penchée sur le problème de l’homéopathie, dans sa réunion du 17 octobre 1992, suite à une note transmise par la société belge de Physiologie et de Pharmacologie.

            Elle se compose, pour l’Académie royale de Médecine, de MM. A. André, P. Dumont, T. Godfraind, A. Govaerts, J. Lecomte et J. Reuse, et pour la « Koninklijke Academie voor Geneeskunde » de MM. J. Lemli, M. Verstraete, M. Bogaert et P. De Moerloose.

            La note transmise aux Académies, exprime le point de vue des présidents et des représentants des sociétés européennes de Pharmacologie, qui se sont réunis le 12 septembre 1992 à Belgirate, en vue de discuter et d’analyser les propositions du Conseil de l’Europe visant à établir une directive étendant les directives 65/65/EEC et 75/319/EEC et le dernier amendement par la directive 89/341/EEC. Ces directives traitent des agents médicamenteux et la proposition de directive étend les directives citées plus haut aux produits homéopathiques.

            Les Académies rappellent qu’à plusieurs reprises, et itérativement au cours de ces dernières années, elles ont été amenées à prendre position sur le statut de l’homéopathie et qu’elles ont transmis le fruit de leurs études et analyses aux autorités nationales compétentes.

            Elles reconnaissent le bien-fondé et la nécessité pour les gouvernements d’assurer l’innocuité de tous les produits et de toutes les préparations qui seront utilisés par les humains, que ce soit dans le domaine de la Médecine, de l’alimentation, voire de la cosmétologie. Dans cette optique, elles soutiennent toutes les actions des gouvernements et de la commission européenne.

            Elles estiment que pour des raisons de transparence, il n’y a pas lieu de parler de médicament lorsqu’il n’y a pas d’indication thérapeutique des produits et préparations mis en contact avec l’espèce humaine. C’est pour cette raison qu’elles proposent, en ce qui concerne les produits et préparations en usage en pratique homéopathique, d’utiliser le terme « médicament homéopathique », formule qui ne peut qu’entraîner qu’une très grande confusion dans l’esprit du public.

Séance du 24 octobre 1992.