Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la commissionn conjointe des Académies royales de Médecine sur l'analyse de publications portant sur l'étude de préparations homoépathiques visant au traitement immunothérapique du SIDA et des cancers

La commission conjointe était composée de MM. J. Reuse, J. Lecomte, P. Dumont, T. Godfraind, A. Govaerts et A. André pour l’Académie royale de Médecine de Belgique, et de MM. J. Lemli, M. Verstraete, M. Bogaert et P. De Moerloose pour la « Koninklijke Academie voor Geneeskunde van België ».

            Ce rapport a été approuvé à l’unanimité par l’Académie dans la séance plénière mensuelle de ce même jour, le 25 avril 1992.

1.   M. Jenaer, B. Marical et A. Doppagne, « Etude clinique préliminaire sur l’efficacité d’un traitement immunothérapique dans le syndrome d’immuno-déficience acquise ».

     Homéopathie 2, 23-28, 1990.

     Les auteurs rapportent l’étude qu’ils ont entreprise en Afrique sur des patients présentant une séropositivité indiquant une contamination par le virus du sida. Ce travail compare deux groupes de sujets dont la sélection n’a pas été pratiquée de manière telle qu’elle permette une analyse statistique comparant le groupe traité et le groupe témoin. Le groupe traité comprend 28 volontaires (14 femmes et 14 hommes), le groupe témoin comprend 11 autres patients (5 femmes et 6 hommes) « retenus  comme témoins ». Le groupe traité a reçu « un traitement immunothérapique à base d’ARN (5-7- CH) et un anticorps anti-chaîne lourde gamma en dynamisations décroissantes de la 30 CH à la 3 CH ». Les auteurs ne mentionnent pas le traitement des témoins.

Il n’est pas fait mention de sélection par randomisation, qui seule permettrait une comparaison valable de deux groupes. En effet, un choix qui ne se base pas sur la randomisation ne permet pas d’éliminer des facteurs tels que la durée de la période de séropositivité, le niveau social des patients, les conditions de leur alimentation, etc. Par ailleurs, il n’est pas fait mention d’une recherche de pathologie autre que le SIDA, qui pourrait justifier la différence rencontrée entre les deux groupes en ce qui concerne la fièvre, les diarrhées et l’évolution pondérale. Ce travail ne peut être considéré comme apportant un élément probant quelconque, les bases mêmes de la sélection n’ayant pas été respectées ; les autres aspects de l’étude s’en trouvent irrecevables.

2.   Les autres documents remis à la commission ne constituent pas des documents de caractère scientifique, mais le développement de l’opinion des auteurs : ainsi en est-il de « La place de l’immunothérapie en homéopathie » par M. Jenaer ; de « Cancer et homéopathie » par le Dr Michel Van Wassenhoven ; « L’immunothérapie homéopathique du SIDA » par M. Jenaer et B. Marichal, qui reprend et développe les considérations émises dans le document « Études cliniques préliminaires sur l’efficacité d’un traitement immunothérapique dans le syndrome d’immuno-déficience acquise. Il en va de même du texte intitulé « Les dernières nouvelles de l’immunothérapie du Sida » par les Drs. Jenaer et Marichal et, également par le Dr Marichal, de la « Place de l’immunothérapie diluée et dynamisée dans l’approche thérapeutique de la sclérose en plaques ».

 

En résumé, les documents remis à la commission n’apportent aucun élément objectif prouvant la thèse que défendent les auteurs.

Ces conclusions rejoignent celles de nos rapports précédents qui ont souligné :

1.   le caractère non scientifique des publications homéopathiques ;

2.   le danger des traitements homéopathiques pratiqués dans les maladies graves ;

Enfin, il n’est pas admissible que les moyens budgétaires de l’Etat soient consacrés à des pratiques médicales inefficaces dans les pathologies objectives.

Séance du 25 avril 1992.