Académie royale de Médecine de Belgique

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Texte définitif du rapport approuvé en séance du 26 novembre 1955

La  Commission commune des deux Académies royales de Médecine chargée d’étudier la réforme des programmes universitaires est composée de M. P. Govaerts, président ; de MM. C. Heymans, Ch. Van Goidsenhoven, A. Dalcq, G. Leplat, R. Vivario, F. Liègeois et E. Van Campenhout, secrétaire, pour notre Compagnie, et de MM. R. Goubeau, J.P. Bouckaert, P. Brusselmans, A. Verstraete et C. Peeters pour la « Koninklijke Vlaamse Akademie voor Geneeskunde van Belgïe ». Elle a pris comme base de discussion le rapport établi par la Commission de la Classe des Sciences de l’Académie royale de Belgique. Seront envisagées successivement l’année propédeutique et les années ultérieures de candidature en sciences naturelles et médicales, en pharmacie et en sciences vétérinaires.

 

            Tout en reconnaissant qu’il y aurait intérêt à uniformiser l’enseignement dans les diverses épreuves pour les quatre Universités et le jury central, la Commission n’a pas cru devoir s’engager dans cette voie en raison des différentes inévitables résultant de conditions locales particulières.

 

Concernant l’année propédeutique.

            La Commission insiste sur l’intérêt qu’il y a à ne pas obliger l’étudiant à faire un choix définitif dès cette première année et à lui permettre de passer éventuellement d’un groupe biologique à un autre.

 

            L’épreuve propédeutique sciences naturelles comporterait :

            1°) la physique expérimentale ;

            2°) la chimie générale ;

            3°) les éléments de biologie (notions générales, botanique, zoologie) ;

            4°) l’introduction aux mathématiques supérieures, y compris les notions de statistique.

 

            Il est souhaité que l’enseignement soit adapté à l’auditoire particulier et qu’il soit surtout de nature générale, il faudrait éviter la répétition de notions identiques dans des cours différents et établir la répétition  de notions identiques dans des cours différents et établir une certaine coordination entre ces cours. Il serait désirable de limiter la partie purement systématique et d’éviter une exagération du nombre d’heures de cours de manière à stimuler le travail de documentation complémentaire. Il faut assurer l’organisation de beaucoup de travaux pratiques avec l’aide d’un personnel enseignant qualifié suffisant.

 

Concernant les deux épreuves ultérieures pour le grade de candidat en sciences naturelles et médicales.

 

            Le programme proposé par la Classe des Sciences de l’Académie royale des Sciences appelle certaines remarques.

 

            Les compléments de physique ne devraient pas être considérés comme une partie du cours de physique expérimentale ; celle-ci devrait être donnée entièrement en propédeutique. Ne devraient figurer en deuxième année que des éléments de physique médicale.

 

            Les compléments de chimie devraient être compris comme des compléments de chimie organique et analytique, servant d’introduction au cours de chimie biologique.

 

            Tout en insistant sur l’intérêt que présenterait l’étude de la géologie, la Commission estime que la surcharge des programmes ne permet pas de reprendre cette matière dans le programme de la candidature en sciences naturelles et médicales.

            Pour le cours d’anatomie humaine systématique et topographique, il convient de préciser la pratique de la dissection et d’y inclure l’exposé des principales tendances de l’anthropologie.

 

            Pour ce qui concerne les notions d’anatomie comparée, la Commission estime qu’un cours spécial d’anatomie comparée avec examen indépendant n’est pas nécessaire. Des notions d’anatomie comparée des vertébrés pourraient avantageusement être annexées au cours d’anatomie humaine.

 

            Au lieu de physiologie expérimentale, il y aurait lieu de préciser la physiologie générale et spéciale.

 

            Le programme de la Classe des Sciences ne prévoit aucun cours de philosophie. La Commission estime cette lacune regrettable et elle propose un cours d’introduction à la philosophie : éléments de logique scientifique et de philosophie morale. Cette proposition est admise par les membres de l’Académie par un vote majoritaire.

 

            La Commission avait suggéré l’existence d’un cours de psychologie expérimentale en Candidature en Sciences naturelles et Médicales. Après vote, les membres de l’Académie rejettent cette suggestion et proposent de reporter ce cours au Doctorat en Médecine.

 

            Le programme comporterait donc les matières suivantes :

            1°) compléments de chimie organique et éléments de chimie analytique, servant d’introduction à la chimie biologique ;

            2°) la chimie physiologique générale et spéciale ;

            3°) l’anatomie humaine systématique et topographique (pratique de la dissection) y compris des notions d’anatomie comparée des vertébrés et des notions d’anthropologie ;

            4°) les éléments d’embryologie ;

            5°) l’histologie générale et spéciale ;

            6°) les éléments de physique médicale ;

            7°) la physiologie générale et spéciale ;

            8) introduction à la philosophie : éléments de logique scientifique et de philosophie morale ;

 

            Ces matières feraient l’objet de deux années d’étude. Les épreuves de chimie biologique, d’anatomie, d’histologie et de physiologie comprennent des épreuves pratiques prévues par la loi actuelle.

 

Concernant la seconde candidature préparatoire à l’étude de la Pharmacie.

            La modification principale suggérée par la Commission concerne les compléments d’anatomie et de physiologie humaines ; étant donné que ces étudiants n’ont pas encore étudié ces branches, le mot compléments est inadéquat et il devrait être remplacé par le vocable « éléments ». Contrairement au vœu émis par la « Koninklijke Vlaamse Akademie voor Geneeskunde van Belgïe », il est proposé de maintenir le qualificatif « humaines » de manière à éviter une extension démesurée du cours, qui ne devrait pas devenir un cours d’anatomie et de physiologie comparées.

 

            Le programme s’établirait comme suit :

            1°) les compléments de chimie organique ;

            2°) les éléments d’anatomie et de physiologie humaines ;

            3°) les compléments de botanique systématique ;

            4°) les éléments de minéralogie et de géologie ;

            5°) introduction à la philosophie  (éléments de logique scientifique et de philosophie morale).

            L’épreuve comprend des travaux pratiques sur toutes les matières qui en comportent.

 

Concernant la seconde épreuve de la candidature en sciences naturelles préparatoire à la médecine vétérinaire

            Le programme suggéré par une Commission représentant les deux Académies s’établirait comme suit :

            1°) compléments de chimie organique et éléments de chimie analytique servant d’introduction à la chimie biologique ;

            2°) compléments de zoologie ;

            3°) compléments de botanique ;

            4°) éléments de géologie et de géographie physique ;

            5°) éléments de philosophie (logique, psychologie, morale).

 

            L’épreuve comprend des travaux pratiques sur toutes les matières qui en comportent.

 

Séance du 26 novembre 1955.