Académie royale de Médecine de Belgique

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Discussion du rapport déposé par la Commission mixte des deux Académies royales de Médecine chargée d'étudier la révision de la loi du 21 mai 1929 sur la collation des grades académiques légaux et le programme des examens uiversitaires (26/11/55)

M. le Président. – Vous avez tous reçu le rapport définitif de la Commission mixte formée de membres des deux Académies de Médecine, pour étudier la réforme de la loi de 1929, Commission dont M. Van Campenhout est secrétaire, à qui je donne la parole.

            M. E. Van Campenhout. – Messieurs, je tiens d’abord à vous faire part d’une omission dans le texte du rapport.

            A la page 4, à la fin du chapitre concernant  les deux candidatures préparatoires à la pharmacie deux lignes ont sauté. Il faut ajouter : « L’épreuve comporte des travaux pratiques sur toutes les matières qui en comportent ».

            M. le Président. – Ces deux lignes seront donc ajoutées.

            M. H. Fredericq. – Le projet de Rapport soumis à notre examen reflète fidèlement les échanges de vues qui ont eu lieu ici antérieurement, et je ne songe pas à en critiquer la présentation.

            Je voudrais toutefois faire quelques observations concernant la forme et le fond de ce texte.

            D’abord, en ce qui regarde la forme : pour des raisons d’opportunité et de convenances, je suggère la suppression pure et simple de six lignes du préambule (p. 1 et 2). Il serait regrettable qu’on pût s’étonner de voir l’Académie de Médecine se préoccuper de l’organisation d’études autres que les études médicales. La suppression que je propose n’affaiblirait en rien la portée des conclusions du Rapport.

            M. le Président. – Le rapporteur voit-il un inconvénient à supprimer ce passage ?

            M. E. Van Campenhout. – Pas du tout.

            M. le Président. – Ce passage est donc supprimé. (Assentiment.)

            M. E. Fredericq. – J’en arrive au fond.

            A la page 3 (programme de la candidature en Sciences naturelles et médicales), je propose le remplacement du 2° (la Chimie biologique) par : 2°) la Chimie physiologique, générale et spéciale. Ceci en vue d’établir une analogie entre la Chimie physiologique générale et spéciale et l’Histologie générale et spéciale et la Physiologie générale et spéciale. Les termes « Chimie physiologie » (et non biologique) sont ceux dont se sert la loi sur la collation des grades académiques (Assentiment.)

            En outre, je propose les suppressions pures et simples de : 8°) introduction à la philosophie, éléments de logique scientifique et de philosophie morale ;

            et de :

            9°) les notions de psychologie expérimentale.

            Dans une séance antérieure, j’ai développé les raisons qui me dictent cette suggestion : nous devons être guidés par le souci d’alléger les programmes imposés aux étudiants. Les notions de philosophie (8°) relèvent de la culture générale et non de la spécialisation. Si l’on juge que cet enseignement est indispensable (ce qui, à mon sens, est contestable), on devrait le faire figurer, ainsi que cela se fait dans certains pays voisins, au programme des études moyennes, ou à la rigueur, à celui de l’année propédeutique, mais pas au programme de la deuxième ou de la troisième candidature en Sciences naturelles et médicales, années pendant lesquelles la spécialisation est déjà amorcée.

            Quant à la psychologie (9°du projet) je suis également partisan de sa suppression pure et simple, vu que, dans le cadre des études médicales, des notions de psychologie sont, dès à présent, enseignées par les professeurs de psychologie du système nerveux et par les professeurs de psychiatrie.

            Il est d’ailleurs apparu antérieurement dans cette Assemblée, que certains partisans du maintien de l’enseignement de la psychologie aux médecins préféreraient qu’il fût transféré au programme du doctorat en médecine, à titre d’introduction à l’étude de la psychiatrie.

            Je ne me fais guère d’illusion sur le sort qui sera réservé à mes propositions ; sans doute ne rencontreront-elles pas l’adhésion de la majorité de mes Collègues de l’Académie, je n’en suis nullement attristé. Je demande cependant qu’elles fassent l’objet d’un vote formel, afin que, lorsque le Rapport sera rendu public, chacun puisse se rendre compte des proportions respectives de ceux qui en sont partisans et de ceux qui leur sont opposés.

            M. le Président. – Vu l’heure avancée, et que le temps devient précieux, je demande aux autres orateurs de bien vouloir être brefs.

            M. P. Glorieux. – Messieurs, j’ai signalé dans une précédente séance que j’avais préparé le premier Congrès international de l’enseignement de la médecine, auquel ont pris part les professeurs d’université et des directeurs de grandes écoles d’enseignement secondaire anglaises, américaines et d’autres pays.

            L’opinion de la majorité était qu’il fallait augmenter la culture générale des médecins. D’expérience personnelle, je sais que le médecin a besoin également d’équilibre de l’esprit en plus de beaucoup de science. Il est donc nécessaire de parfaire leur instruction générale, et c’est la seule remarque que je désirais faire.

            M. le Président. – Pour terminer cette discussion je vous demanderai, ainsi que M. Fredericq le propose, de voter immédiatement et par disjonction sur les 8° et 9° de la page 3.

            Si cette suppression est adoptée, elle devrait porter aussi sur les mêmes branches en candidature pour la pharmacie et en candidature pour la médecine vétérinaire.

            C’est bien là votre pensée, je crois ?

            M. H. Fredericq. – Oui, si j’ai proposé la suppression pour les médecins, je suggère qu’elle s’applique aussi au programme des pharmaciens et de la candidature vétérinaire.

            M. P. Govaets. – Je crois qu’il faudrait plutôt dissocier tous ces votes puisque, d’une part, on parle de philosophie seulement et, d’un autre côté, de philosophie et de psychologie expérimentale.

            M. H. Fredericq. – D’accord.

            M. le Président. – Le premier vote porte donc sur les mots : 8° (p. 3) « introduction à la philosophie : éléments de logique scientifique et de philosophie morale ». Nous allons voter à main levées.

            M. J. Bordet. – Permettez-moi de faire observer que certains proposent donc de supprimer le cours de morale dès le début des études médicales. Autrefois, dès la première année en sciences naturelles, on enseignait la morale aux futurs médecins et, personnellement, je reste toujours partisan de l’existence d’un cours de morale dès le début des études médicales.

            Qu’est-ce qu’on entend par philosophie ? C’est un terme assez imprécis, mais un cours de morale me paraît nécessaire, et je me souviens très bien qu’anciennement le cours d’Hector Denis était très apprécié.

            M. le Président. – Vous venez d’entendre l’avis de M. Bordet. Je prie maintenant ceux qui sont partisans de la suppression du 8° de la page 3 de lever la main.

            - Le maintien du 8° est décidé par 11 suffrages contre 7 et une abstention.

            M. le Président. – Nous arrivons au 9° (Notons de psychologie expérimentale). M. Fredericq voudrait ne plus les voir figurer en candidature. Les partisans de la suppressioin du 9° en candidature sont priés de lever la main.

            - Cette suppression est décidée par 17 suffrages contre 0.

            M. le Président. – En parlant de psychologie je ne puis m’empêcher d’être un peu gêné en l’entendant qualifier d’expérimentale. Autrefois, elle n’était pas expérimentale.

            M. H. Fredericq. – C’est le reproche qu’on pouvait lui faire.

            M. le Président. – Que ceux qui sont partisans de reporter cette branche au doctorat, veuillent bien lever la main.

            - Cette proposition est adoptée par 14 suffrages contre 5.

            M. E. Van Campenhout. – Les deux 5° de la page 4 concernant les pharmaciens et vétérinaires tombent donc également ?

            M. le Président. – Oui. En passant au vote j’ai insisté sur le fait que si l’on supprimait le 8° page 3, les deux 5° de la page 4 devaient tomber également.

            M. F. Liègeois. – Messieurs, je pense au contraire qu’il y a lieu de dissocier les disciplines, parce que leur programme n’est pas comparable. On a d’ailleurs admis le principe du maintien du cours de psychologie pour les médecins, puisqu’on n’a fait que le reporter au doctorat.

            Dans cette conditions, j’estime que si la commission s’est prononcée pour un cours de psychologie en candidature préparatoire en médecine vétérinaire, c’est qu’elle avait de bonnes raisons pour le faire.

            Il ne faut pas lier le sort des vétérinaires à celui des médecins et c’est pourquoi je demande à l’Académie de voter maintenant pour ou contre le maintien de la psychologie en préparatoire vétérinaire.

            M. le Président. – Vous entendez la proposition de M. Liégeois qui me semble logique. Nous allons donc voter immédiatement sur ce point, et je voudrais en finir aujourd’hui avec cette question qui est déjà venue plusieurs fois en séance publique.

            Etes-vous partisans du maintien du 5° page 4 du rapport, pour donner satisfaction à M. Liégeois ?

-  Le maintien est adopté par 20 contre un et pas d’abstention.

M. le Président. – Quelqu’un a-t-il encore des observations à présenter au sujet de ce rapport ? Personne ne demandant la parole, je le déclare adopté. Il est bien entendu que les modifications proposées par MM. Van Campenhout et Fredericq seront prises en considération.

Séance du 26 novembre 1955.