Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner le mémoire présenté par MM. P. Denys et Y. Thérasse, de Louvain, sous le titre :"Contributions à l'étude de la méningo-encéphalite tuberculeuse de l'enfant"

Le Professeur P. Denys et son collaborateur M.Y. Thérasse consacrent le mémoire  qu’ils présentent à l’Académie à l’analyse objective de 82 cas de méningite tuberculeuse soumis à des injections intrarachidiennes et intramusculaires de streptomycine, associées ou non à l’administration de P.A.S., voire de tuberculine.

            La proportion élevée de guérisons obtenues par les auteurs et la minutie de leur étude confèrent un intérêt particulier à leur travail.

            Ils confirment, données dont on ne saurait assez souligner l’importance, la nécessité, pour le succès de la cure, d’un diagnostic précoce et d’un traitement immédiat, appliqué dans un centre spécialisé.

            En dehors d’une thérapeutique tardive, leur ont seuls paru comporter un pronostic fâcheux, le très jeune âge du patient et la présence de troubles psycho-moteurs. La coexistence d’une tuberculose militaire ne compromettrait pas l’avenir. Les poussées de pléocytose rachidienne en cours de traitement seraient sans signification pronostique nette, contrairement au développement d’une hyperalbuminorachie, plus souvent observée dans les cas à évolution défavorable.

            Tout en étant, partisans d’un traitement mixte, intrarachidienne et intramusulaire, prolongé, d’une durée d’au moins trois mois, les auteurs ne croient pas qu’il faille, en principe, poursuivre les injections intrarachidiennes de streptomycine jusqu’à « normalisation » ou « quasi-normalisation » du liquide céphalorachidien. L’état général – dont il importe de tenir grandement compte – étant bon, les altérations résiduelles du liquide régresseront après l’arrêt des injections intrarachidiennes, pour autant que ces altérations ne dépassent pas certaines limites.

            Au sujet de ces limites, il faut souhaiter qu’à l’avenir, poursuivant leurs recherches, les auteurs s’appliquent à les préciser davantage, en soumettant leurs résultats à une étude statistique systématique. Sans doute conviendrait-il aussi, aux yeux des rapporteurs, qu’ils substituent dans leurs futures recherches la notion de rapport glycorachie/glycémie à jeun, à la notion, moins constante, de la glycorachie.

            Les indications et modalités de l’administration intrarachidienne de streptomycine par voies hautes, de l’association de la tuberculinothérapie intrarachidienne et du P.S.A. au traitement « standard » ont aussi retenu l’attention des auteurs qui soulignent l’intérêt des problèmes que ces thérapeutiques soulèvent.

            Vos rapporteurs ont apprécié la clarté avec laquelle MM. Denys et Thérasse ont dégagé l’essentiel de leurs 82 observations. Les enseignements qu’ils en tirent contribueront certainement à l’amélioration du traitement de la méningite tuberculeuse.

            Aussi leur travail apparaît-il comme une contribution importante à l’étude de la streptomycinothérapie qui, sous l’impulsion de notre regretté Collègue A. Gratia, avait été confiée aux quatre Facultés de Médecine du pays.

            En conséquence, vos rapporteurs proposent d’adresser remerciements et félicitations à M. le Prof. Denys et à M. Y. Thérasse et de publier leur mémoire dans le Bulletin de l’Académie.

            Ces propositions sont adoptées.

Séance du 28 mars 1953.