Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'apprécier le mémoire manuscrit présenté par M. Vanbreuseghem d'Anvers, sous le titre :"Réflexions sur quelques problèmes de mycologie médicale à propos des mycoses congolaises"

                  La Commission était composée de MM. E. Renaux et J. Rodhain, rapporteur.

           L’auteur, dans son étude, résume les résultats des recherches qu’il a, sous les auspices de l’I.R.S.A.C., effectuées à l’I.M.T. depuis plus de quatre années, sur des mycoses diverses du Congo Belge.

            Au cours de  ces recherches il a élaboré des techniques nouvelles ou améliorées pour la culture des champignons des teignes. L’une de ces techniques, l’adjonction de terre à la gélose, l’a amené à édifier une hypothèse nouvelle sur le rôle que pourrait jouer la nature du sol pour l’entretien de l’endémie de certaines espèces, du moins de dermatophytes.

            Dans son introduction il insiste sur l’importance réelle qu’à l’étude de la mycologie médicale et il cite notamment un texte de l’auteur américain Ainsworth, d’où il ressort qu’en ce qui concerne les Etats-Unis du moins, les mycoses sont responsables pour l’année 1943 de 0,03 % du total des décès. Ce taux est supérieur à celui des maladies rangées parmi les typhus et représente plus de la moitié des décès causés par la fièvre typhoïde, le tétanos , la poliomyélite.

            Il expose d’abord le résultat de ses recherches concernant les dermatophyties du Congo Belge. Elles lui ont fait reconnaître que 68% des teignes congolaises étaient microscopiques et 32% trichophytiques. Le dermatophyte le plus fréquent est le Trichophyton ferrugineum. Il range les espèces identifiées en 3 groupes : 1°) celles cosmopolites ; 2°) celles africaines et asiatiques ; 3°) deux spécialement congolaises et qui sont nouvelles.

            Il donne ensuite la répartition de ces différents dermatophytes sur le territoire de l’Afrique Belge.

            Il émet l’hypothèse que la répartition de ces dermatophytes pourrait être en corrélation avec la constitution particulière du sol. Cette hypothèse lui a été suggérée par les résultats qu’il a obtenus d’abord en incorporant de la terre à ses milieux de culture et ensuite par l’isolement de certains dermatophytes pathogènes du sol même au moyen d’une technique personnelle.

            Il résume ensuite les résultats de ses recherches en collaboration avec divers médecins en service en Afrique sur la chromoblastomycose. Il a identifié le parasite en cause comme appartenant à l’espèce Phialophora pedrosoi. Il relate l’observation faite à Wanson d’un curieux cas de localisation intra-épidermique d’Echinococus granulosus associé à ce champignon.

            Il signale l’existence au Congo de Torulopsis neoformans, champignon déterminant fréquemment une mycose à évolution fatale.

            Au sujet du Pityriasis versicolor qui est bien la dermatomycose la plus répandue en Afrique Centrale, il insiste sur les difficultés de l’étude du parasite connu sous le nom de Malassezia furfur, qui jusqu’ici n’a pu être cultivé.

            Concernant la Moniliase dont l’existence au Congo était connue, il signale l’influence favorisante pour son éclosion des traitements antibiotiques prolongés, d’après les observations de Brutsaert et Janssens.

            Il termine son étude par la découverte au Mayumbe d’un Histoplasma qu’il considère comme nouveau, auquel il a donné le nom d’Histoplasma duboisii, à la suite de l’observation d’un cas d’histoplasmose faite par Dubois Brutsaert et Janssens.

            Outre l’intérêt que présente cet inventaire des mycoses existant au Congo Belge de l’étude du Docteur Vanbreuseghem est riche en recherches personnelles et en considérations originales.

            Nous proposons son insertion dans le Bulletin de l’Académie et l’envoi de félicitations à son auteur.

            Je me permets d’ajouter que ce rapport a été rédigé par M. Rodhain, qui malheureusement n’a pas pu assister à la séance de ce jour.

            M. le Président. – Vous avez entendu le rapport et ses conclusions. Personne ne demandant la parole, je les déclare adoptés.

Séance du 31 janvier 1953.