Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Jean-Pierre Bourguignon

(Ont pris part à la discussion : MM. J.-M. Foidart, B. Dan, invité, G. Casimir, Th. Godfraind et Y. Carlier) 

LE TIMING PUBERTAIRE, TÉMOIN DE L’ENVIRONNEMENT DU FŒTUS DU NOURRISSON ?

par Jean-Pierre BOURGUIGNON (Département de Pédiatrie - CHU de Liège et Unité de Neuroendocrinologie développementale – GIGA Neurosciences, ULg), invité.

La puberté, processus essentiel à la survie de l’espèce, est un évènement qui, chez les primates, survient après une latence assez longue et avec une grande variabilité individuelle dans son timing. Cinq années séparent les premiers individus normaux à entrer en puberté des derniers à faire de même.  Par ailleurs, le timing pubertaire a connu des changements au cours du siècle dernier ainsi que récemment, qui interpellent sur le rôle des facteurs environnementaux. On connaît depuis longtemps l’impact de ceux-ci, comme la nutrition, dans la période qui précède la puberté. Actuellement, Il apparaît que le timing pubertaire fait aussi partie des aspects “programmés” durant la vie intra-utérine et néonatale.

Parmi les facteurs susceptibles d’interférer à ces moments précoces de la vie, les perturbateurs endocriniens sont à prendre en compte. Certains qui sont bannis chez nous comme le DDT pourraient contribuer à la précocité pubertaire beaucoup plus fréquente chez les enfants immigrés en Belgique en raison de l’adoption internationale. D’autres perturbateurs ubiquitaires comme le bisphénol A pourraient avoir des effets opposés en fonction du niveau d’exposition. Celui-ci implique des mécanismes neuroendocriniens et peut agir à des doses très faibles, ce qui indique l’extrême sensibilité des fonctions hypothalamiques à ces âges précoces. Des mécanismes génétiques et épigénétiques semblent bien mis en jeu et sont à l’étude.