Académie royale de Médecine de Belgique

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Intégration des Universitaires non-médecins dans les hôpitaux des Facultés de Médecine du pays

L'Académie royale de Médecine, au cours de sa réunion du 27 février 1977, a discuté et accepté une motion rédigée par une Commission ad hoc à propos des problèmes posés par la présence d'universitaires non-médecins dans les hôpitaux et les Facultés de Médecine. Pour assurer une meilleure étude de ces problèmes, cette Commission a été élargie et comprend actuellement MM. P. Rijlant, Z. M. Bacq, P. Bastenie, M. De Visscher, C. Heusghem, A. Nizet, A. de Scoville, Secrétaire perpétuel, P. Dumont, P. Vanderhoeft, J. Mulnard, S. Halter, R. Goutier, Membres de l'Académie, ainsi que MM. M. Collard et J. Garsou, invités.

En conclusion de ses débats qui se sont déroulés le 21 avril 1978, la Commission a demandé au Bureau d'accepter la motion, confirmée dans les termes ci-dessous, et de la transmettre à M. le Ministre de la Santé publique et à M. le Secrétaire général du Département :

Motion

Les technologies physiques et physicochimiques les plus poussées ainsi que les ordinateurs ont fait irruption dans la recherche biomédicale et le travail journalier de certains cliniciens. Depuis une quarantaine d'années, dans les hôpitaux et les Facultés de Grande-Bretagne et de Suède, les physiciens et autres non-médecins peuvent faire une carrière hospitalière complète et y rendent d'immenses services, particulièrement dans les départements de radiodiagnostic et de radiothérapie, mais aussi en médecine, en chirurgie et en pharmacologie.

En Belgique, au contraire, les non-médecins sont en fait considérés comme des techniciens ; les carrières qui leur sont offertes sont limitées et peu stimulantes, notamment dans les départements de radiologie où la situation est devenue critique.

La Commission demande que le Bureau de l'Académie de Médecine entame des démarches auprès de M. le Ministre de la Santé publique pour que:

1° soit reconnue la nécessité de la présence de physiciens et d'autres diplômés universitaires non-médecins dans certains services des grands centres hospitaliers;

2° un Statut soit clairement défini qui permette à ses universitaires de collaborer sur un plan d'égalité avec leurs Collègues médecins et d'être assurés d'une carrière honorable.

Sans aucun doute, la responsabilité des services hospitaliers, ainsi que les décisions finales en matière de diagnostic ou de thérapie doivent rester entre les mains des médecins, chefs de ces services. Mais la présence à leur côté, de collaborateurs non-médecins ayant une connaissance théorique et une expérience pratique approfondies, des techniques utilisées et de leurs effets chez l'homme, augmenterait la qualité du travail des médecins et leur permettrait de consacrer plus de temps à leurs malades, à l'entraînement de leur équipe et, éventuellement à leurs enseignements et leurs recherches.

La Commission suggère qu'il soit recommandé aux Facultés de Médecine de ne pas négliger la possibilité légalement reconnue d'offrir à de tels "spécialistes" non-médecins, de faire une carrière facultaire complète lorsque leur activité et leurs titres scientifiques la justifient.

L'Académie donne mandat à sa Commission de suivre le développement du problème de l'intégration d'universitaires non-médecins dans les centres hospitaliers et les Facultés de Médecine.

Séance du 27 mai 1978.