Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'étudier le problème créé par le diagnostic de la brucellose chronique et quelques questions connexes

M. J. Beumer, s’exprimant au nom de la Commission :

Le diagnostic de la brucellose chronique est un diagnostic délicat s’il n’est basé que sur une réaction sérologique.  Il est bien connu que la réaction d’agglutination, réaction de Wright, peut donner des résultats extrêmement différents selon l’antigène et la méthode que l’on utilise.  Un contrôle de qualité récemment pratiqué dans notre pays l’a démontré une fois de plus.  Comme le préconisent les auteurs de ce contrôle, il serait hautement souhaitable que, conformément au voeu des experts de l’O.M.S./F.A.O., la réaction d’agglutination soit effectuée en parallèle avec un sérum de référence et le titre exprimé en unités internationales par rapport à ce sérum de référence.  La mise à la disposition des laboratoires de diagnostic d’un tel sérum serait susceptible d’augmenter grandement l’exactitude et le caractère reproductible de la réaction d’agglutination.  En cas de réaction d’agglutination positive à un titre significatif et en l’absence d’isolement de brucella, il convient, avant de porter le diagnostic de brucellose chronique, de suivre l’évolution des anticorps agglutinants chez le patient et d’effectuer une autre réaction sérologique telle que la fixation du complément ou l’hémagglutination passive si l’on dispose à cet effet d’un antigène éprouvé.  Récemment, il a été constaté que le sérum de patients atteints de yersiniose de type 0,9, présentait des réactions d’agglutination et d’hémagglutination passive, fortement positives avec les antigènes brucelliques.  Par ailleurs, compte tenu du fait que, dans notre pays, la brucellose ne se rencontre que très exceptionnellement en dehors des milieux professionnellement exposés, vétérinaires, fermiers, ouvriers d’abattoirs, la découverte d’une réaction sérologique positive exige une extrême prudence d’interprétation et ne permet pas, chez un sujet étranger à ces milieux, de conclure à une brucellose chronique sans avoir pu mettre en évidence une source possible de contamination.

La Commission a, dès lors, préparé les projets de deux notes, l’une destinée au Corps médical, l’autre aux laboratoires de Biologique clinique.

 

M. le Président fait remarquer que ces notes, assez longues et d’un aspect technique, se trouvent à la disposition des membres qui désirent en prendre connaissance.

 Elles seront ensuite communiquées au Ministère de la Santé publique à qui il appartiendra d’estimer s’il est nécessaire de les diffuser sous forme de circulaire.

L’Académie marque son accord à ce sujet.

La Commission était composée de MM. P. Bordet, M. Welsch, J. van den Branden, G.Bruynoghe, P. Bastenie, P. Frédéricq, F. Schoenaers et J. Beumer. 

Séance du 16 juillet 1977.