Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission chargée d'examiner la demande de M. le Ministre de la Santé publique et de la Famille concernant la règlementation de la conservation et du débit des substances vénéneuses et toxiques

La Commission, composée de MM. Heymans, Castille, La Barre et Stainier, s’est réunie trois fois.

La lettre de M. le Ministre de la Santé publique et de la Famille concerne une demande de dérogation pour la prométhazine et la triméprazine qui se trouvent dans la liste des toxiques IVbis.

La liste IVbis comprend, à côté de la réserpine, une série de produits de synthèse contenant le noyau de la phénothiazine portant au niveau de l’azote une chaîne aminée. La plupart de ces dérivés ont une action polyvalente ; une légère modification dans la formule supprime ou modifie considérablement telle ou telle de leur action ou fait apparaitre une nouvelle activité.

Dans cette liste IVbis, se trouvent la chlorpromazine, l’acépromazine, la prochlorpérazine, la thiopropérazine, etc., qui, comme la réserpine, sont des neuroplégiques puissants utilisés en psychiatrie, et dont il est nécessaire de réglementer la dispensation.

Par contre, on trouve dans cette liste IVbis, des dérivés de la phénothiazine dont l’activité neuroplégique est nulle ou négligeable. C’est le cas notamment des deux produits qui font l’objet de la lettre de M. le Ministre : la prométhazine (phénergan) et la triméprazine (théralène).

Le phénergan et le tréralène sont avant tout des antihistaminiques ; le phénergan est légèrement sédatif et hypnotique, le théralène est utilisé également comme antitussif. Ces deux produits sont rarement utilisés comme neuroplégiques ; à notre connaissance, il n’est pas fait usage abusif de ces substances qui, par ailleurs, ne présentent pas de danger spécial par rapport aux autres substances antihistaminiques non soumises à réglementation.

Les membres de la Commission estiment que la demande des Etablissements Specia et de Bournonville est justifiée, et que ces deux produits pourraient être retirés de la liste IVbis.

La Commission regrette que le Ministre de la Santé publique et de la Famille n’ait pas sollicité préalablement – dans le cas présent comme dans tout autre cas similaire – l’avis des Académies de Médecine.

Ce rapport est adopté sans observation.

Séance du 24 juin 1961.