Académie royale de Médecine de Belgique

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Bernard Devos. Recommandations au monde politique, à la lumière de la Convention internationale des Droits de l’Enfant. - Vidéo

Délégué général aux droits de l’enfant

 

La Convention internationale des droits de l’enfant représente aujourd’hui le texte international le plus signé et le plus ratifié au monde. L’ensemble des éléments de la vie des enfants est concerné par cette convention. La santé, en toute logique, n’y échappe pas. Ainsi, outre l’article 3 qui prévoit que dans toute matière qui le concerne l’intérêt supérieur de l’enfant doit prévaloir sur toute autre considération, d’autres articles concernent plus explicitement les préoccupations en matière de santé. L’article 27 notamment fait ainsi état de l’assistance et des programmes d’appui en direction des enfants, entre autres quant au niveau de l’alimentation. On pourrait également évoquer l’article 17 qui convient que les médias doivent produire une information utile socialement et culturellement. Or on sait combien, concernant le sujet qui nous préoccupe comme malheureusement bien d’autres, cette information de qualité, source de prévention indispensable, fait régulièrement défaut…

Si les risques liés au surpoids concernent tous les enfants, il est devenu incontestable que les enfants des familles pauvres y sont, plus que d’autres, exposés. C’est un paradoxe dans nos sociétés industrialisées : ce sont les enfants des familles les plus pauvres qui sont les plus à risque en matière de surpoids. Tous les facteurs connus pour favoriser l’obésité sont amplifiés au sein des populations défavorisées : prix prohibitifs des laits adaptés aux nourrissons, alimentation déséquilibrée, sédentarité sont parmi d’autres les écueils les plus souvent rencontrés. Les conséquences sont lourdes et connues : déséquilibres nutritionnels, maladies chroniques, mauvaise estime de soi handicapent fortement le développement harmonieux des enfants et les stigmatisent dans tous les domaines de leur vie.

Une des missions du Délégué général aux droits de l’enfant est notamment de faire aux autorités des recommandations pour préserver et développer au mieux les droits et l’intérêt supérieur des enfants. Lors de la remise d’un rapport consacré aux inégalités sociales et leurs conséquences sur les enfants, les jeunes et les familles, j’ai attiré l’attention des décideurs sur les contraintes que fait peser le « système pub » sur les plus vulnérables.

Les forces en jeu dans l’environnement des enfants (promotion et valorisation des produits de l’industrie agroalimentaire, marketing déraisonnable des boissons sucrées, obstacles à la mobilité douce, coût de la pratique d’une activité physique, etc…) sont terriblement puissantes. Outre une véritable politique de prévention et de promotion de saines attitudes, il est indispensable qu’une régulation et des mesures fortes soient prises par les décideurs politiques afin de protéger tous les enfants.