Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé Raymond Reding

(Séance du 30 novembre 2002)

L’IMMUNOLOGIE DE TRANSPLANTATION : DES ORIGINES AUX NOUVEAUX PARADIGMES DE LA TOLÉRANCE       

par R. REDING (UCL), invité.

La mise au point puis la description de la technique moderne d’anastomose vasculaire par Alexis Carrel (Prix Nobel de Médecine, 1912) constitue l’acte fondateur de la transplantation d’organes, telle que nous la connaissons aujourd’hui.  Malgré cette faisabilité technique, la transplantation ne prendra son essor qu’un demi-siècle plus tard, suite aux travaux de Sir Peter Medawar (Prix Nobel de Médecine, 1960) qui, le premier, identifiera le rejet des greffes comme le résultat d’un processus immunitaire.  Ce sont les progrès liés à la découverte des médicaments immunosuppresseurs qui autorisent alors l’introduction progressive des transplantations d’organes dans la pratique médicale.

Jusqu’à il y a peu, le modèle en cours consistait à inhiber la réponse immunitaire par des médications immunosuppressives de plus en plus puissantes, avec souvent l’apparition de nombreux effets secondaires (infections, toxicités diverses, retard de croissance chez l’enfant).  Aujourd’hui, les concepts immunologiques en matière de tolérance ont été largement revus, la tolérance étant à présent considérée comme le résultat d’un processus immunitaire actif à orientation « pro-tolérogène ». De même, le paradigme immunosuppresseur est, lui aussi, en train d’évoluer : il ne s’agira donc plus, à l’avenir, de supprimer la réponse immunitaire, mais bien d’obtenir une « immunomodulation » autorisant ou même facilitant l’installation du phénomène de tolérance opérationnelle.   

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