Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Bruno Flamion

(Séance du 25 septembre 2004)

RELATIONS ENTRE LES APPORTS HYDRIQUES ET LA SANTE   

par B. FLAMION (Département de Physiologie et Pharmacologie – Facultés universitaires Notre-Dame de la Paix à Namur), invité.  

Contrairement à certaines idées reçues, en dehors des conséquences d’une déshydratation flagrante, les relations entre les apports hydriques et la santé restent insuffisamment connues.  Seule des mesures précises comme la vitesse de renouvellement de l’eau lourde, l’évaluation de la réserve hydrique rénale et les fluctuations du poids d’une charge hydrique permettent de définir l’état d’euhydratation, et partant l’apport en eau idéal.  Un déficit de 2 à 3 % du solvant de notre milieu intérieur perturbe déjà le fonctionnement de plusieurs organes et entraîne une hyperfiltration glomérulaire et une mauvaise élimination sodée.  L’expression de certains gènes est extrêmement sensible aux variations d’osmolalité intracellulaire.  Cet effet, dont dépend la sensation de soif, s’atténue avec l’âge.

Inversement, des études épidémiologiques prospectives montrent que l’eau bue en abondance diminue le risque de cancer de la vessie et du rectum, zones où pourraient se concentrer des cancérogènes.  L’hydratation copieuse pourrait également prévenir certains accidents cardiovasculaires en évitant les élévations néfastes de la viscosité sanguine.  Enfin, plus récemment, on a « redécouvert » l’effet vasopresseur de l’eau bue, un effet réellement spectaculaire chez les personnes souffrant d’insuffisance, même discrète, des réflexes nerveux autonomes.  L’intolérance orthostatique et sa constellation de symptômes, en particulier la tachycardie posturale idiopathique fréquente chez les adolescents, sont prêtes à bénéficier de la thérapie hydrique.

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