Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Robert Beauwens

(Séance du 16 juillet 2005)

INSULINE ET HYPERTENSION ARTÉRIELLE : LE RÔLE DU REIN   

par R. BEAUWENS (ULB), invité.

Les effets natrifériques tant de l’aldostérone et que de l’insuline, sur des epithelia in vitro, ont été rapportés pour la première fois par Jean Crabbé dans les années 60 mais les différentes étapes intracellulaires de l’action de ces hormones n’ont été que partiellement élucidées.  Le clonage du canal sodique épithélial (ENaC) en 1194 par le groupe de Bernard Rossier, à Lausanne, a donné un nouvel essor à cette recherche.  De façon inattendue, ce canal sodique ENaC, a une demi-vie courte de quelques heures seulement.  Le principal effet de l’aldostérone semble être d’allonger cette demi-vie et donc d’augmenter le nombre (et l’activité) des canaux présents dans la membrane apicale d’un épithélium expliquant ainsi l’augmentation du transport de sodium.  D’un point de vue moléculaire, l’aldostérone induit l’expression et la phosphorylation d’une protéine kinase appelée « serum glucocorticoïd kinase » (sgK) ; ce sgK phosphoryle l’enzyme Nedd4-1 qui est responsable de l’ubiquitination et du retrait des ENaC de la membrane apicale des cellules épithéliales.  Le syndrome de Liddle - une hypertension artérielle transmise sur le mode autosomal dominant- est induit par une mutation par délétion ou modification d’un domaine PY de la portion cytoplasmique COOH terminale des sous-unités β ou γ des ENaC : le domaine WW de Nedd4-1 ne s’attache plus facilement aux ENaC mutés.  Leur retrait est alors également différé quoique sans activation ni induction de sgK.  Nous avons étudié les effets de l’insuline sur un epithelium dérivé de néphron distal de Xenopus Laevis (cellules A6) et démontré l’activation d’une kinase apparentée à sgk, la protéine kinase Akt aussi appelée PKB.  Son activation dépend de phosphorylations, elles-mêmes dépendantes de l’activation de P1 3-kinase.  Les différents mécanismes « allumés » par la liaison de l’insuline à ses récepteurs seront discutés : activation de la P1 3-kinase, de PKB et production de peroxyde d’hydrogène.  En présence de concentrations augmentées d’insuline, le néphron distal réabsorbe des quantités excessives de sodium, ce qui génère une hypertension artérielle.  L’hyperinsulinémie du syndrome métabolique serait donc responsable d’une natriurèse diminuée de façon inappropriée et donc de l’hypertension artérielle liée à ce syndrome.  En outre, il a été bien démontré que dans le diabète de type II, le degré d’insulino-résistance n’est pas identique dans les différents organes ; l’hypertension artérielle seront donc liée à une réabsorption accrue de sodium par le rein dans la mesure où cette organe n’est que peu insulino-résistant.

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