Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Roland van Veltoven

(Séance du 19 mars 2005)

DIX ANS DE LAPAROSCOPIE EN UROLOGIE : RÉALITÉS ET PERSPECTIVES ?   

par R. VAN VELTOVEN (Institut Jules Bordet – ULB), invité.    

L’approche laparoscopique a connu un démarrage assez lent en urologie, après les premières descriptions de la lymphadénectomie pelvienne par Schuessler et de la néphrectomie par Clayman en 1991.  Elle connaît une vraie expansion depuis l’acceptation progressive des indications oncologiques, en particulier de la néphrectomie et de la prostatectomie radicales.

Son champ d’application s’étend de l’exploration diagnostique chez l’enfant à la chirurgie curative gériatrique, ablative ou reconstructive et couvre à présent l’ensemble des pathologies rencontrées en urologie dans les deux sexes, depuis l’incontinence urinaire jusqu’aux tumeurs rares.

La laparoscopie est ainsi progressivement passée du statut d’approche alternative à celui de « gold standard » pour l’exploration sur testis ectopique, la surranélectomie, la néphrectomie et le curage ganglionnaire pelvien ; elle est aujourd’hui largement admise en ce qui concerne la standardisation de la pyélo-plastie sur syndrome de jonction pyélo-urétérale, la chirurgie du prolapsus pelvien, ou les néphrectomies de transplantation chez le donneur vivant.

Désormais une nouvelle frontière est franchise en traduisant l’ensemble des protocoles chirurgicaux de l’oncologie, dernier terrain large de l’approche chirurgicale.  Aujourd’hui, néphrectomies partielles, néphro-urétérectomies pour tumeurs urothéliales, prostatectomies pour adénocarcinome et cystectomies radicales sur cancer de vessie sont réalisées avec des résultats tant carcinologiques que fonctionnels au moins équivalents sinon supérieurs à ceux de la chirurgie conventionnelle.    

Les développements actuels concernent d’une part les indications plus rares telles que la chirurgie de cytoréduction dans les tumeurs rénales étendues, le curage ganglionnaire rétropéritonéal dans le cancer du testicule, voire l’entérocystoplastie de remplacement après cystectomie ; d’autre part les études pilotes de faisabilité et d’application dans la chirurgie de l’hypertrophie bénigne de la prostate, ou de la surranélectomie partielle.

Le défi majeur rencontré par la profession est celui de l’enseignement de cette mutation inéluctable à l’ensemble de la profession, en maintenant au plus haut niveau les standards de sécurité et de qualité.  S’inscrivant parmi l’ensemble des alternatives mini-invasives, la laparoscopie permet aussi un large champ d’investigation clinique dans l’association des techniques ablatives énergétiques, de l’imagerie moderne et de la réalité virtuelle, en y intégrant les perspectives de développement de la robotique et de la téléchirurgie.

Malgré l’écueil de sa difficulté technique et de la courbe d’apprentissage qui en résulte, la laparoscopie fait désormais partie non seulement de notre présent mais surtout du futur chirurgical urologique de toute une génération.

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