Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Paul-Pierre Pastoret

(Séance du 29 janvier 2005)

FIÈVRE APHTEUSE : ANCIENS DÉFIS – NOUVELLES SOLUTIONS

par P.-P. Pastoret (Institute for Animal Health – GB), membre titulaire.

L’épisode récent de fièvre aphteuse en Grande-Bretagne a provoqué une crise au niveau de l’Union européenne, avec des conséquences pour de nombreux secteurs d’activité en dehors de celui du seul élevage.  Cette crise s’est déroulée dans un contexte nouveau par rapport aux épisodes précédents.  L’opinion publique est de plus en plus opposée aux mesures de simple prophylaxie sanitaire appliquées même en cas de vaccination préalable.  Actuellement, les autorités sanitaires tendent à mettre sur pied une politique de « vaccination pour la vie » qui vise à ne plus rendre obligatoire l’abattage des animaux après vaccination lors d’un foyer de fièvre aphteuse.  Ce changement de politique nécessite une amélioration des outils disponibles en matière de vaccination et de diagnostic.

Il n’est cependant pas envisagé de revenir à la politique de vaccination préventive systématique qui prévalait en Europe continentale il y a une quinzaine d’années et qui a abouti à l’élimination de l’infection.  Si la vaccination est appliquée, elle le sera dans des situations d’urgence ; les vaccins, obligatoirement inactivés, devront conférer, rapidement, une protection solide envers le ou les sérotypes impliqués dans l’épizootie chez l’ensemble des espèces sensibles.  L’existence de plusieurs stérotypes au cours d’une même épizootie est l’un des scénarios envisagés en cas d’agroterrorisme.    

Un autre problème est celui posé par l’existence de porteurs asymptomatiques de virus sauvage même après vaccination antérieure. Pour pallier cet inconvénient, des vaccins dits « marqués » associés à un test de diagnostic compagnon sont actuellement développés ; ils visent à permettre de différencier les animaux simplement vaccinés des animaux infectés qu’ils aient ou non été préalablement vaccinés.  Il s’agit actuellement de vaccins inactivés hautement purifiés ; le test de diagnostic compagnon est basé sur la détection d’anticorps dirigés contre les protéines non-structurales d’origine virale, anticorps absents chez les animaux simplement vaccinés.  Cette méthodologie tient compte du fait que la multiplication du virus aphteux implique la synthèse d’une polyprotéine qui sera ensuite clivée.  Dans l’état actuel de la technologie, la certification de l’absence d’infection n’est malheureusement réalisable qu’à l’échelle du troupeau et non à l’état individuel.

D’autres recherches portent actuellement sur l’identification du ou des récepteurs du virus aphteux chez l’animal afin de mieux comprendre la pathogénie de l’infection et de mieux cerner les circonstances qui conduisent à la génération de porteurs asymptomatiques.

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