Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Manuel Paiva (Séance du 30 septembre 2006)

APPORT DE L’APESANTEUR A LA PHYSIOLOGIE RESPIRATOIRE 

par M. PAIVA (U.L.B.), invité.

Avant même que les premières expériences n’aient été réalisées dans l’espace, on savait déjà que le poumon et la cage thoracique étaient sensibles à la pesanteur. Dans la position verticale, le poids du poumon est responsable des différences de ventilation entre le sommet et la base. De plus, la capacité résiduelle fonctionnelle dépend de l’orientation du poumon par rapport au champ gravitationnel. La mécanique thoracique permet d’expliquer quelques modifications importantes de la respiration en apesanteur, comme une augmentation d’environ 40 % de la respiration abdominale par rapport à la terre. Nous passons en revue certains résultats obtenus en apesanteur, en nous centrant sur ceux qui ont contredit les prédictions. Par exemple, les indices traditionnels de l’hétérogénéité ventilatoire dérivés des tests à l’inspiration unique et multiple d’oxygène sont très peu affectés par l’apesanteur. Ces résultats ont démontré que ces indices dépendent de la structure de la zone alvéolaire du poumon et ont conduit à des applications dans le suivi de transplantés pulmonaires et des fumeurs. Contrairement aux prédictions, une diminution du volume du tissu pulmonaire après une semaine dans l’espace a aussi été mesurée. Dans le domaine des aérosols, les particules entre 0,5 et un micron de diamètre pénètrent plus profondément dans le poumon de ce qui était prévu.

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