Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Darius Razavi (Séance du 25 février 2006)

PSYCHOLOGIE, PSYCHIATRIE ET CANCÉROLOGIE : DONNÉES RÉCENTES ET DÉFIS FUTURS

par D. RAZAVI (Institut Jules Bordet – U.L.B.), invité.

Le traitement des affections cancéreuses a progressé ces trente dernières années grâce à la recherche fondamentale, aux technologies diagnostiques et aux développements de la chirurgie, de la radiothérapie, de la chimiothérapie et de l’immunothérapie. La guérison est donc aujourd’hui de plus en plus de l’ordre du possible. Le fait que le pronostic des traitements reste très souvent incertain a comme conséquence que la plupart des affections cancéreuses présentent des évolutions chroniques et nécessitent des efforts d’adaptation de plus en plus longs. Outre les efforts à fournir en recherche fondamentale et en recherche clinique, certains défis devront être relevés pour améliorer la qualité des soins et préserver la qualité de vie des patients et de leur entourage. Le développement des soins supportifs, adjuvants aux traitements de la maladie elle-même, s’inscrit dans cette perspective. La « psychiatrie de liaison » qui se développa dans les hôpitaux généraux fut une première tentative pour considérer conjointement les besoins des patients, des familles et des soignants. Dans les centres spécialisés qui assurent actuellement la prise en charge de beaucoup de malades cancéreux, la dimension relationnelle des soins a aussi fait l’objet d’une prise en charge plus professionnelle. Beaucoup de ces centres ont créé des unités de « psycho-oncologie » qui offrent actuellement des services très divers. L’ensemble de ces initiatives est une reconnaissance de la diversité des besoins psychosociaux induits par le cancer et ses traitements. Le développement de la recherche scientifique, ces dix dernières années, à l’interface de la psychologie, de la psychiatrie et de la cancérologie témoigne de cette évolution. Des connaissances précises se sont accumulées tant au niveau des méthodes d’évaluation, qu’au niveau de la compréhension des difficultés expérimentées par les patients et leurs proches. Le contenu des interventions qu’il conviendrait de développer pour optimiser la qualité des soins commence par ailleurs à être mieux connu. Tout cela a sans nul doute contribué au développement de la « psycho-oncologie ». Les données les plus saillantes et récentes de cette nouvelle discipline seront présentées et discutées.

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