Académie royale de Médecine de Belgique

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Jean BULCKENS

(François)

Né à Malines le 17 octobre 1813.

Elu Correspondant régnicole le 28 novembre 1863.

Promu Membre honoraire le 24 juin 1876. 

Décédé à Gheel le 23 octobre 1876.

Notice par A. Burggraeve le 28 octobre 1876 (Bulletin).

Jean François Bulckens fit ses études d'humanité au collége communal de Malines. Etant en 1830, élève en réthorique, prend, dans la compagnie des volontaires de Malines, part active à la révolution, assiste aux combats de Waelhem, de Contich et d'Anvers. Interrompt ses études pendant deux ans pour le notariat. En 1833 commence ses études médicale à l'Université de Louvain et les achève à l'Université libre de Bruxelles.Le 6 septembre 1837, il obtient devant le jury central le diplôme de Docteur en médecine avec grande distinction. Fondateur et premier Président de la Société des étudiant de l'U.L.B. En 1837, il passe et réussi, avec la plus grande distinction, l'examen de médecine adjoint de l'armée. En cette qualité il est attaché à l'Hôpital militaire d'Anvers. 

De 1838 à 1940, il publie des mémoires qui le font agréer comme membre correspondant des sociétés de Médecine d'Anvers et de Gand. En 1841, il quitte le service militaire pour se livrer à la clientèle de sa ville natale. Il y organise la société des sciences médicales et naturelles de Malines et en est proclamé secrétaire. Il en dirige la publication et les comptes-rendus. Il est successivement nommé par l'administration communale membre de l'administration de l'Académie des Beaux-Arts et Professeur d'Anatomie pittoresque (1842). Nommé médecin légiste de l'arrondissement de Maline en 1842. Elu en 1842 conseiller communal. Le temps que lui laisse une clientèle étendue est consacré à ses fonctions administratives et à des travaux scientifiques. Pour justifier l'administration communale, qui avait décrété l'érection d'une statue à Marguerite d'Autriche, gouvernante des Pays-Bas, il publie (en 1844) une notice historique. Les événements et la crise financière de 1848 ayant compromis et ébranlé sa fortune, il fait le sacrifice de la belle position qu'il occupe à Malines, pour s'établir à Névèle, près de Gand. Dans un moment où les médecins de cette localité étaient tombés victimes du typhus qui y sévissait. Il y organise le service médical, institue et dirige l'Hôpital des typhisés et parvient à arrêter les ravages du terrible fléau. Sa récompense fut une belle clientèle, l'estime et la confiance des habitants de Nevèle et des communes environnantes. 

En 1850, il obtient le diplôme de Docteur en accouchement devant le jury combiné de Gand. En 1853, la question ou plutôt la supposition des officines des médecins de campagne, étant à l'ordre du jour, il est le promoteur, l'organisateur de la société des médecins de communes rurales de l'arrondissement de Gand. Il en est proclamé secrétaire. Publie un mémoire sur les officines des médecins de campagne et provoque les grand meeting médical à Gand. Ses efforts furent couronnés de succès. En 1856, il est nommé médecin inspecteur de l'asile d'aliénés de Gheel. Il met en ordre dans ce qui n'était que confusion et désordre, introduit des réformes importantes; combat les préjugés, les abus; fait valoir la nécessité de donner à l'élément médical une intervention prépondérante dans cette institution. En 1857, il publie un premier rapport historique, statistique et scientifique sur Gheel et en 1861, un second rapport quaternaire. Dans plusieurs mémoires adressés à l'autorité supérieure, il démontre qu'une infirmerie pour les aliénés est indispensable à Ghell. Il est fait justice à ses réclamations. Et depuis que cette infirmerie fonctionne, sous sa direction, l'asile est entré dans une nouvelle ère et fait l'admiration des savants étrangers. Dans les journaux de médecine, dans les assemblées savantes (Société de médecine de Gand, d'Anvers, de Bruxelles; Congrès international des sciences sociales à Gand), il se constitue le défendeur du régime qu'il institue.

Médecin-Directeur de l'Asile d'Aliénés de Gheel, Médecin principal de sa majesté l'Impératrice Charlotte, Membre de la Société Médico-Psychologique de Paris et de plusieurs autres sociétés savantes.