Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de David Sicard (Séance du 27 septembre 2008)

LA FIN DE LA PAROLE ET LA RELÉGATION DU CORPS EN MÉDECINE ET SES CONSÉQUENCES SUR LA FORMATION UNIVERSITAIRE

par D. SICARD (Paris), Président du Comité consultatif national d’Éthique, invité.    

La médecine se fonde sur une exigence scientifique croissante. Or la parole du malade s'adapte mal à la rationalité contemporaine souhaitée et l'examen clinique se distingue de plus en plus par son errance ou son imprécision.  Peu à peu une autocensure du langage se profile. L'offrande du corps devient inutile, sinon suspecte. La technique médicale se substitue à  la subjectivité ressentie. Le "dit" de la médecine remplace le "su" du corps. La parole fait place à "l'écho" dans un étrange renversement. Le risque d'une médecine autiste se profile.  L'enseignement universitaire doit en prendre conscience car cette évidence d'une mise en distance de la parole et du corps fait non seulement l'économie de la rencontre éthique mais encore fait perdre paradoxalement à la médecine une part de sa rigueur scientifique.

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