Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Michel Frédérich

(Séance du 25 mai 2013)

LES SUBSTANCES NATURELLES DANS LA LUTTE CONTRE LE PALUDISME

par M. FRÉDÉRICH (Département de Pharmacie - ULg), invité.            

Le paludisme est à l'heure actuelle la principale maladie parasitaire, affectant les zones tropicales et subtropicales, et plus particulièrement l'Afrique subsaharienne. Elle serait ainsi responsable de 600.000 à 1.500.000 morts annuels de par le monde, selon les estimations. Même si des traitements efficaces sont actuellement commercialisés, le nombre de cas cliniques observés n'a pas réellement décliné durant les 30 dernières années. Les raisons principales de cette situation sont l'émergence et la diffusion de la résistance du vecteur et du parasite aux insecticides et aux médicaments et le coût de certains traitements, les rendant difficilement accessibles pour les populations les plus défavorisées. Dès lors, le besoin de nouveaux traitements antipaludiques efficaces et bon marché est primordial, et, dans ce contexte, le règne végétal, et principalement l'investigation de plantes traditionnellement utilisées peut se révéler une voie prometteuse, comme l'attestent la quinine, l’atovaquone et l'artémisinine. Lors de la conférence, nous montrerons donc l'intérêt de s'intéresser à la médecine traditionnelle dans le cadre de la malaria, et nous présenterons un aperçu des travaux réalisés à l'Université de Liège sur des plantes antimalariques provenant du Rwanda, de la RDC, de l'île de la Réunion, du Burkina Faso, notamment l’identification de plusieurs substances actives contre le parasite, parmi lesquelles on peut citer les alcaloïdes bisindoliques du genre Strychnos, présentant une activité particulièrement intéressante sur les souches du Plasmodium falciparum résistantes à la chloroquine.

Mots clés: Plasmodium falciparum, malaria, paludisme, ethnopharmacologie, plantes médicinales.

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Ont pris part à la discussion : MM. les Prs J.-B. Otte et Mme D. Guha-Sapir.