Académie royale de Médecine de Belgique

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Rapport de la Commission conjointe constituée en vue de l'application de l'article 46 de l'arrêté royal n°78 du 10 novembre 1967, concernant les critères spécifiques pour les techniciens en Radiologie

Rapport de la Commission constituée en vue de l’application de l’article 46 de l’arrêté royal n° 78 du 10 novembre 1967, - concernant l’exercice de l’art de guérir, de l’art infirmier, des professions paramédicales et des commissions médicales, - ayant trait aux critères spécifiques (en application des critères généraux) pour les techniciens en Radiologie.

Le groupe de travail, composé de MM. A. de Scoville, L. Molle, A. André, R. de Marneffe, J.L. Pasteels, J. Henry, A. Burny, A.E. Lambert et L. Jeanmart, pour l’Académie royale de Médecine, et MM. A. Lacquet, J. Van Damme, M. Renaer, G. Verdonk, J. Huyghe, A. De Schryver et P. De Schouwer, pour la « Koninkijke Academie voor Geneeskunde van België », s’est réuni le 26 octobre et 16 novembre 1989 et a établi le rapport suivant :

Titres officiels en Europe : titres professionnels dans les pays de la Communauté économique européenne :

Allemagne : assistant de Radiologie

Belgique : technicien en imagerie médicale

Danemark : technicien en roentgoenologie

France : manipulateur en radiodiagnostic

              manipulateur en radiothérapie

              technicien en Médecine nucléaire

Irlande : radiographer

Italie : technicien en Radiologie

Luxembourg : assistant technique médical en Radiologie

Pays-Bas : laborantin en Radiologie

Royaume-Uni : radiographer

 

I.         DETERMINATION DES ACTES PROPRES Á LA PROFESSION

Il s’agit de l’application à la Médecine, des rayons X ou d’autres formes de rayonnements ionisants ou non, dans le domaine de la Physiologie, de la Pathologie ou de la Thérapeutique.

a)     Le radiodiagnostic

Utilise les rayons X ou même des rayonnements non ionisants (ultra-sons, résonance magnétique…) pour rechercher des signes pathologiques.

b)     La radiothérapie

Emploie les rayons X, les rayons gamma ou les rayonnements particulaires, à des fins thérapeutiques

 

c)     La médecine nucléaire

Fait appel aux éléments radioactifs in vitro aussi bien qu’in vivo, dans un but de diagnostic ou d’étude physiopathologique

 

II.       DÉFINITION DE LA PROFESSION

 

Il s’agit d’un auxiliaire médical, c’est-à-dire d’un aide médical qualifié, pratiquant, sous la responsabilité d’un praticien de l’art de guérir, un travail technique dans une ou plusieurs branches de la médecine des radiations. Sa fonction essentielle est d’accomplir, d’une manière efficace et précise, les actes techniques qui lui sont confiés sur base de sa formation théorique et pratique.

           

III.             CONDITIONS D’ÉXECUTION

Ces prestations d’ordre technique sont prescrites par un praticien de l’art de guérir, qui est seul responsable de la formulation de la demande.

La surveillance et l’exécution de l’acte dépendent exclusivement du médecin radiologue ou, dans certains cas particuliers, d’un médecin, dans le cadre d’actes radiologiques dépendant de sa spécialité (connexisme).

Ces prestations techniques sont donc toutes expressément confiées par un médecin responsable dont le rôle est de surveiller et d’être présent, de telle sorte qu’il puisse immédiatement intervenir.

Dans les établissements de soins où le radiologue n’est pas toujours présent, les actes confiés au « technicien » se font avec l’accord du médecin de garde.

 

IV.             CONDITIONS DE QUALITÉ

 

1.     Pour pouvoir exercer la profession de technicien en Radiologie, il faut être en possession d’un diplôme d’infirmier(e) de type A1 qui devra être poursuivi par une année complémentaire de spécialisation en Radiologie. Cette formation comprendra l’étude de tous les actes confiés dans les domaines de la Radiologie ainsi que les notions de radioprotection.

2.     L’enseignement théorique, pendant cette année, comprendra les trois branches de la Radiologie, c’est-à-dire le radiodiagnostic, la radiothérapie et la médecine nucléaire.

Toutefois, les stages pratiques, pendant cette année de formation, seront orientés, spécifiquement, vers un de ces trois domaines.

Cette matière d’option sera indiquée expressément sur le diplôme et exercée uniquement dans la pratique professionnelle.

Une formation pratique dans une autre branche, ou successivement dans les deux autres branches, effectuée pour chacune pendant au moins six mois, pourra éventuellement s’ajouter à l’année de spécialisation et, par un diplôme complémentaire, donner accès à l’exercice professionnel correspondant.

3.     Le paramédical doit être inscrit à la Commission médicale provinciale.

 

V.               TITRE PROFESSIONNEL

Seul le titre légal reconnu, « technicien en Radiologie », peut être utilisé dans les relations avec le public.

Ce rapport fait l’objet de commentaires de la part de MM. J. Berthet, J. Christophe et C. Heusghem, ainsi que de M. Verbanck, invité à la séance.

Emis d’initiative par l’Académie selon les dispositions de l’arrêté royal n°78 du 10 novembre 1987, et adopté à l’unanimité, il sera adressé à M. le Ministre des Affaires sociales.

 

Séance du 25 novembre 1989.