Académie royale de Médecine de Belgique

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Présentation par Mme Dominique Bron

Remise du Prix de la deuxième Section attribué au Dr Sophie LUCAS, lauréate, le 8 septembre 2012.

 

Le jury désigné par le Bureau de l’Académie pour attribuer le prix de la deuxième  Section de l’Académie royale de Médecine de Belgique était composé du Président, le Pr P.-P. Pastoret , le Pr B. Van den Eynde, le Pr Y. Beguin et Mme le Pr D. Bron.

A l’unanimité, il a été décidé d’attribuer ce Prix au Dr Sophie Lucas pour son travail intitulé :

« La MS-QPCR spécifique de FoxP3 i1 : une méthode originale de biologie moléculaire permettant de mesurer l’impact de traitements expérimentaux visant à quantifier les Treg afin d’améliorer l’efficacité clinique de la vaccinothérapie anti-tumorale ».

Le Dr. S. Lucas est diplômée docteur en médecine à l’UCL en 1994. Elle s’intéresse d’emblée à la recherche et en particulier à la recherche en  « immunologie du cancer »  dans le laboratoire du Pr Th. Boon.

Durant son doctorat, Sophie Lucas identifie six gènes spécifiques du tissu tumoral. L’un de ces gènes, MAGE-C2, de la famille « MAGE », code pour un peptide utilisé actuellement dans les vaccinations anti-tumorales. Les réponses sont encourageantes (jusqu’à 20 % de régressions tumorales) mais le facteur limitant est probablement le rôle suppresseur du microenvironnement tumoral.

Durant son post-doctorat, elle démontrera les propriétés anti-inflammatoires de l’IL-27 (apparenté à l’IL-12) dans le contexte de l’auto-immunité.

Depuis 2004, elle étudie les lymphocytes T régulateurs (Treg) et leurs effets sur la réponse immunitaire post-vaccinale. Elle étudie aussi le rôle du TGF-β comme cytokine immunosuppressive.  Le GARP est une protéine membranaire présente sur les T régulateurs qui sert de récepteur au TGF-β (forme latente). Cette protéine de surface pourrait contribuer à la production de TGF-β actif et ainsi être responsable de la mauvaise réponse vaccinale des patients cancéreux.  Leur nouvelle méthode de biologie moléculaire permet de quantifier les Treg sur base d’une modification épigénétique du gène FoxP3.

Ces travaux ont fait l’objet de plusieurs publications originales dans Cancer Research, Clinical Cancer Research, et PNAS.

Le jury a considéré que les travaux de Sophie Lucas ont un impact direct dans  l’immunothérapie du cancer, ce qui était l’objectif du prix de la deuxième Section de l’A.R.M.B.

En attribuant ce prix, nous tenons à récompenser une chercheuse qui, par la qualité de ses travaux de recherche en immunologie, a pu développer son propre laboratoire dans l’Institut de Duve et continuer la collaboration avec son laboratoire d’accueil (celui du Pr Th. Boon, actuellement dirigé par le Pr B. Van den Eynde à l’Institut Ludwig). 

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