Académie royale de Médecine de Belgique

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Michel GEORGES

(Alphonse Julien)

Né à Schotens le 18 juillet 1959.

Elu Correspondant régnicole le 16 mai 1998.

Professeur à l'Université de Liège.

Spécialités: Génétique - Epigénétique - Génomique.

Le Professeur Michel Georges fait ses candidatures en sciences vétérinaires aux Facultés Universitaires Notre Dame de la Paix à Namur, suivies des doctorats en médecine vétérinaire à « Cureghem », Faculté Vétérinaire toujours détachée de l’Université de Liège (ULg) à  l’époque.  A l’issue de ces études, il obtient en 1983 un poste d’assistant au service de génétique dirigé par le Professeur Hanset, avec pour mission  le clonage positionnel du gène mh responsable du fameux caractère « culard » des bovins Blancs Bleus Belges.   Afin d’acquérir les compétences requises, il s’inscrit en licence spéciale en biologie moléculaire à l’Université Libre de Bruxelles, et travaillera pendant 5 ans à l’IRIBHN, « mentoré » par le Professeur Gilbert Vassart et collaborant étroitement avec le Professeur Mark Lathrop.  Durant cette période, il s’attelle  principalement au développement des outils moléculaires requis pour atteindre l’objectif fixé.

Début 1989, il accepte un poste de « senior scientist » dans la société Genmark à Salt Lake City, spin-off créée par les Professeurs Ray White et Ray Gesteland de l’Université de l’Utah.  Il y poursuit le développement de cartes génétiques qu’il utilise pour réaliser les premières localisations de « QTL » (= zones du génome qui influencent des caractères économiquement importants comme la quantité/qualité du lait et de la viande, la fertilité ou la résistance aux maladies)  en vue d’une « sélection assistée par marqueurs ».

Sur base de ces travaux, il défend une thèse d’agrégation de l’enseignement supérieur à l’ULg en 1991.  Il revient en Belgique en 1994, succédant au Professeur Hanset dans l’alma mater.  Il y construira une équipe multidisciplinaire spécialisée dans le clonage positionnel de gènes influençant des phénotypes dits «  complexes » (= déterminés par de nombreux gènes en interaction avec des facteurs d’environnement) d’intérêt agronomique. 

Ces recherches aboutissent, entre autres, au clonage positionnel du gène myostatine responsable du caractère culard en 1997, et ont contribué de façon déterminante à la révolution technologique que connaît l’élevage aujourd’hui : la « sélection génomique ».  En sondant les phénotypes des animaux domestiques par des méthodes de génomique, il met  avec ses collègues  le doigt sur des mécanismes moléculaires nouveaux, résultant de la perturbation de la régulation génique par des micro-ARN (= une nouvelle catégorie de gènes découverts très récemment). Ces découvertes permettent à l’Unité de Génomique Animale de développer un axe de recherche fondamentale en « épigénétique».

Michel Georges contribue activement à la création du nouveau centre de recherche GIGA-R de l’ULg, réunissant des équipes des Facultés des Sciences, Médecine, Médecine Vétérinaire et Sciences Appliquées. Il en devient le Directeur en 2016. De cette initiative naissent de nouveaux projets, dont l’analyse génétique de la maladie de Crohn, financée par la région wallonne, qui aboutira en 2007 et 2008 à la découverte de plusieurs nouveaux gènes de prédisposition à cette pathologie.  
Michel Georges obtient le prix Wolf en Agriculture en 2007. En 2009, il obtient le Prix Francqui. En 2013, il devient membre de la National Academy of Sciences.

Il est l’auteur de plusieurs publications, H Index de 57, ayant principalement pour thématiques la Biochimie, la Génétique, la Biologie Moléculaire.