Académie royale de Médecine de Belgique

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Olivier Detry (ULiège)

DON D’ORGANES APRÈS MORT CIRCULATOIRE  

par OLIVIER DETRY (ULiège).   

Dans les années 1960, la définition de la mort cérébrale (« brain death » des anglo-saxons) a permis de développer la transplantation d’organes à partir de donneurs décédés, quoique c’est principalement après la découverte de l’effet immunosuppresseurs de la cyclosporine que les bénéfices de la transplantation ont été significatifs pour les patients. Avant cette définition, la plupart des prélèvements d’organes se réalisaient après l’arrêt du cœur et de la circulation. Ainsi, dans la description de la première transplantation cardiaque en 1967, Barnard décrit l’arrêt du cœur du donneur avant son prélèvement pour la greffe qui allait se dérouler dans une salle d’opération adjacente. Fin des années 1980 et début des années 1990, quasi tous les prélèvements d’organes après décès se réalisaient après démonstration de la mort cérébrale. En 1995, des travaux fondamentaux et cliniques de l’équipe de Maastricht ont relancé le prélèvement de reins après définition de la mort du donneur sur des critères d’arrêt de la fonction cardiaque et de la circulation. Depuis, des programmes de transplantation du foie, du pancréas et des poumons ont été développés dans de nombreux centres mondiaux, dont en Belgique, pour pallier au manque de greffons. En 2018, environ un tiers des prélèvements d’organes après décès ont été réalisés après décès circulatoire en Belgique. Par rapport au prélèvement en état de mort cérébrale, le prélèvement d’organes en état de mort circulatoire impose une souffrance ischémique supplémentaire, appelée l’ischémie chaude de prélèvement. Les résultats des transplantations peuvent s’en ressentir particulièrement si les autres facteurs de risques ne sont pas minimisés. Récemment des programmes de transplantation cardiaque après prélèvement en arrêt circulatoire ont été développés dans quelques centres dans le monde. Ce type de prélèvement cardiaque nécessite la réanimation du cœur sur une machine après prélèvement (perfusion sur machine normothermique) soit dans le donneur même (circulation extra-corporelle de type ECMO). Le prélèvement d’organes après décès circulatoire est une réalité et se développera probablement encore dans le futur.