Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Dirk Ysebaert (Uz Antwerpen): DON D’ORGANES APRÈS EUTHANASIE


DON D’ORGANES APRÈS EUTHANASIE  

par Dirk YSEBAERT (UZ Antwerpen)            

Euthanasie qualifie la pratique qui met fin à une vie de façon intentionnelle afin de soulager la douleur et les souffrances. L’euthanasie volontaire est effectuée avec le consentement du patient, plus en particulier, l’euthanasie volontaire active, qui est légale dans le Benelux, elle a lieu en effet à la requête spécifique du patient (“meurtre par compassion”).

Dans la loi belge relative à l’euthanasie (28 mai 2002) l’euthanasie est décrite comme “un acte délibéré, exécuté par une tierce personne, en vue de mettre fin à la vie de la personne qui a demandé cet acte”. Le patient est un adulte ou un mineur émancipé, capable et conscient au moment de sa demande. La demande est faite de façon volontaire, est mûrement réfléchie et réitérée, et n’est pas le résultat d’une pression externe. Le patient est dans un état médical désespéré et se plaint de douleur physique ou mentale constante et insupportable qui ne peut être soulagée. Si la personne ne se trouve pas dans la phase terminale de sa maladie, les deux médecins doivent se concerter avec un troisième médecin, soit un neuropsychiatre, soit un spécialiste de la maladie en question. Cette loi implique que des patients malades non cancéreux non terminaux peuvent également demander l’euthanasie. Et c’est dans cette situation qu’il y a des patients qui demandent la possibilité de don d’organes à la fin de leur vie.

Organiser don d’organes après euthanasie exige un cadre éthique, légale et organisatoire:

·  Séparation (la plus stricte possible) entre la demande d’euthanasie – la procédure d’euthanasie – le don d’organes

·  Euthanasie effectuée par trois médecins (au moins un neuropsychiatre, soit un spécialiste de la maladie en question)   (trois signatures pour la déclaration de décès)

·  Prélèvement d’organes après diagnostic clinique de la mort par les 3 médecins

·  Prélèvement d’organes organisé comme “DCD type III”, en respectant la Règle du Donneur Mort

·  Procédures effectuées par des membres senior du personnel médical et soignant sur une base volontaire !

C’est très important d’organiser en l’information et discussion avec le donneur potentiel après l’octroi de l’euthanasie : explication détaillée de la procédure et consentement éclairé, consentement du donneur (et de tous les parents (concernés) ?), contrôle médical d’aptitude (biologie clinique, Rx thorax, échographie abdominale, et fonction pulmonaire), etc.. On demande aussi la permission du donneur pour euthanasie à l’hôpital et non à domicile (comme prévue normalement), et euthanasie en bloc opératoire ou alentours, que c’est assez différente de la procédure “usuelle” d’euthanasie.

Les résultats belges seront discutés.

Concernant la discussion éthique, il y a plusieurs points à discuter.

·  Respect de la “Règle du Donneur mort”:

Le don d’organes est discuté après l’accord à la demande d’euthanasie. Le don d’organes ne constitue jamais une raison de demander l’euthanasie. Les patients ne sont jamais “tués” pour leurs organes. De don d’organes se fait toujours à la demande spontanée du patient. Pas d’implication directe du personnel médical du donneur/transplantation dans l’euthanasie. De cette façon on a gagné la confiance professionnelle et publique.

·  Respect pour l’autonomie à la fin de la vie:

Le don d’organes est seulement effectué à la demande spontanée du patient. On donne l’information complète sur la procédure et les objectifs (patient et proches). On montre une oreille attentive aux circonstances de la “fin de vie” (timing, décoration de chambre, musique, proches, ...). Et toujours il ya le droit d’arrêter à tout moment la procédure de don.

- Il y a le potentiel de la procédure, mais aussi des “nouvelles” questions éthiques sur l’autonomie, la contrainte, ...

Finalement, toutes les personnes impliquées dans le l’événement ont vu l’amélioration de l’image de soi à la fin de la vie de ces patients. L’auteur est redevable à tous les patients qui ont envisagé le don d’organes avec des souffrances telles que l’euthanasie leur a été accordée.