Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et Résumé Anne-Françoise Rousseau


Ont pris part à la discussion : MM. les Prs M. Goldman, J. Crommen, G. Casimir et M. Lamy.

LA RÉANIMATION DES GRANDS BRÛLÉS DOMESTIQUES   

par Anne-Françoise ROUSSEAU (Centre des brûlés - Soins intensifs généraux – CHU de Liège), invitée.     

De tous les traumatismes, la brûlure sévère est considérée comme étant le plus grave. La destruction cutanée induit une réaction inflammatoire et des perturbations métaboliques intenses et prolongées.

La réanimation du patient sévèrement brûlé est un réel défi de précocité, de justesse, et d’individualisation, que ce soit pour traiter l’état de choc initial, gérer l’hypercatabolisme et l’hypermétabolisme, compenser les pertes en micronutriments ou encore pour maîtriser le risque infectieux. Cette réanimation ne s’entend qu’en étroite collaboration avec les différentes disciplines médicales et paramédicales qui œuvrent au sein d’un centre spécialisé de traitement des brûlés.

Au cours des 50 dernières années, de nombreuses avancées ont été réalisées en terme de stratégies chirurgicales et de réanimation, permettant une nette réduction de la mortalité des patients sévèrement brûlés. De nos jours, la mortalité est essentiellement en lien avec les complications infectieuses. La morbidité est quant à elle imputable aux dysfonctions d’organes et aux répercussions métaboliques à long terme. Une réanimation même optimale ne peut malheureusement les prévenir entièrement, ce qui justifie un suivi particulier au long cours, encore insuffisamment développé dans notre pays.

Bien que peu connue, la recherche clinique dans le domaine de la réanimation des patients brûlés tente d’apporter des pistes d’amélioration dans le domaine métabolique notamment. Elle a également été récemment très novatrice dans l’étude du traitement des infections cutanées par les bactériophages, ouvrant même le champ d’application aux soins intensifs généraux.