Académie royale de Médecine de Belgique

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Vidéo et résumé de Alain Astier, membre étranger


OPTIMISATION DES TRAITEMENTS ANTICANCÉREUX : DE L'ADAPTATION POSOLOGIQUE A L'UTILISATION DES MARQUEURS SPÉCIFIQUES

par Alain ASTIER (Hôpital Universitaire Henri Mondor, Créteil - Paris), membre étranger.

La prescription des anticancéreux basée sur la surface corporelle est traditionnelle mais son rationnel scientifique est discutable. Le calcul de la surface corporelle encore très fréquemment réalisée par la méthode de Dubois et Dubois ne reflète que très approximativement sa valeur réelle et  ce paramètre même n’apparat plus pertinent si on considère le pharmacocinétique très variable des anticancéreux. L’utilisation de la masse maigre semble plus adaptée.

De même, considérant la variabilité intrinsèque de l’élimination des médicaments anticancéreux, des posologies au mg près ne sont plus adaptées et le principe de doses standardisées (« dose-banding ») est de plus en plus envisagé, ce qui semble contradictoire avec le principe de l’individualisation pomologiques des prescriptions. Les nouvelles formes sous-cutanées à dose unique d’anticorps monoclonaux comme le rituximab ou le trastuzumab, prescrits en mg/m2 par voie IV  sont la démonstration de la pertinence de cette approche.

Par contre, la personnalisation des traitements sur la base de marqueurs d’efficacité et/ou de tolérance individuels (pharmacogénomique) est devenue essentielle comme pour plusieurs anticorps monoclonaux comme le trastuzumab sur la base de l’expression du marqueur cellulaire Her2, ou la réduction de la posologie du 5-FU en regard de l’expression de la dihydropyrimidine dehydrogénase (DPD) pour éviter une toxicité majeure chez 0,5 à 2 % des patients déficients. Sa détermination systématisée  pour tout les patients devant recevoir cet anticancéreux va devenir obligatoire en France.

Outre la prévention des toxicités, les marqueurs prédictifs d’activité deviennent ainsi un élément essentiel pour une prescription adaptée des nouveaux anticancéreux modulateurs des « check points »  comme le nivolumab anti-PD1 compte tenu de leur impact financier très lourd  pour les systèmes de protection sociale.