Académie royale de Médecine de Belgique

|

Résumé de Georges Rodesch, MD PhD


NEURORADIOLOGIE INTERVENTIONNELLE : RADIOLOGIE OU NEUROSCIENCES ?

par Georges RODESCH, MD PhD (Service de Neuroradiologie diagnostique et Thérapeutique – Hôpital Foch, Suresnes - France), invité.

La neuroradiologie interventionnelle (NRI) ou thérapeutique est une spécialité qui a débuté dans les années 1960 et qui s’est intéressée au traitement endovasculaire des malformations vasculaires du cerveau et de la moelle, ainsi que de la tête et du cou. Développée initialement par des pionniers issus de milieux neuroscientifiques divers (neurologie, neurochirurgie, radiologie), elle s’est développée rapidement pour s’intéresser à tout type de pathologie vasculaire et tumorale de ces régions anatomiques. Si elle utilise une salle d’angiographie et les rayons X pour ses interventions, considérer la NRI comme une discipline purement radiologique ne peut être que réducteur. C’est également se fourvoyer que faire de la NRI une technique de cathétérisme sélectif dans des vaisseaux du système nerveux central ou d’utilisation endovasculaire de matériels sophistiqués prothétiques. La NRI a développé au fil de sa maturation des règles de prise en charge clinique précises, elle nécessite des connaissances anatomiques, biologiques, physiologiques et génétiques particulières qu’ il faut prendre en compte avant chaque décision thérapeutique . Chaque indication doit considérer ainsi l’environnement dans lequel se situe la malformation vasculaire, réfléchir aux liens entre la cellule endothéliale et le parenchyme avoisinant, et la biologie voire la génétique propre de ce dernier. Les indications de traitement « à tout prix » se réduisent actuellement au profit d’une meilleure compréhension des maladies (qui pour certaines d’entre elles, bien qu’illustrées par des images radiologiques parfois impressionnantes, ne doivent parfois pas être traitées « mécaniquement » par la NRI, la neurochirurgie ou la radiothérapie). La prise en charge de certaines lésions deviendra certainement à moyen terme de plus en plus centrée sur la biologie. Les connaissances actuelles démontrent en effet que les malformations vasculaires sont en réalité des expressions phénotypiques de désordres biologiques et génétiques. Ainsi la NRI et les neurosciences s’enrichissent mutuellement de leurs connaissances spécifiques pour mieux appréhender des pathologies vasculaires complexes. Cela n’est possible qu’à partir du moment où la NRI parle le langage des neurosciences, en utilisant dans son cas un alphabet radiologique.