Académie royale de Médecine de Belgique

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Résumé de Ugo Salvolini, membre étranger


NEURORADIOLOGIE : UNE DISCIPLINE EN MOUVEMENT CONTINU. UN TÉMOIGNAGE

par Ugo SALVOLINI (Service de Neuroradiologie – Hôpital Universitaire Umberto 1er d’Ancona, Italie), membre étranger.

La Neuroradiologie a été la première sous-spécialisation de la Radiologie. Cette radiologie du cerveau et de la moelle est techniquement très exigeante car elle cherche à explorer des organes complexes enfermés dans des structures osseuses qui les cachent: c’est pour cela que la neuroradiologie est la sous-spécialisation de la radiologie qui a le plus évolué au fil des ans, profitant des progrès technologiques. L'évolution a traversé de nombreuses phases.

Au début, il y a eu la période au cours de laquelle nous avons essayé de tirer le meilleur parti des résultats de l'étude des structures osseuses et des radio-opacités (calcifications): contextuellement, à la demande de radiologues, l'industrie a produit des appareils spécifiques pour faciliter l'étude du crâne en particulier. Mais dès le début, nous avons essayé de visualiser les structures anatomiques à l’intérieur du crâne et du canal rachidien, en profitant d’événements aléatoires qui nous ont donné des idées pour visualiser les structures dans lesquelles insérer des substances radio-opaques ou radio-transparentes: d’où la mise au point de techniques d’angiographie, d’encéphalographie, ventriculographie… A la demande des radiologues, l’industrie a produit d’une part, des appareils facilitant les analyses et d’autre part des produits radio-opaques à injecter avec un minimum de risques. De là découle la deuxième période de développement de la Neuroradiologie liée aux « contrastographies »: procédures para-chirurgicales.

Dans les années soixante-dix, l’application dans le domaine médical des progrès de l’informatique (essentiellement d’origine militaires) a conduit à la mise en œuvre de méthodes d'analyse quantitative des « densités » (coefficient d’absorption des rayons X): la tomodensitométrie (TDM). Ceci marque le début de la troisième période au cours de laquelle les radiologues disposaient de matériels construits non à la suite de leurs demandes, mais qu'ils ont par après, utilisés et améliorés en étroite coopération avec l’industrie. Ceci s’applique tant à la TDM qu’à l’imagerie par Résonance Magnétique (IRM). L'utilisation de ces nouvelles technologies a déterminé l'explosion des applications, au-delà de ce qui était le champ d'étude précédent, en tenant compte de la moindre invasivité des nouvelles méthodes et de l'élargissement des champs d'application, liées au passage de l'imagerie analogique au numérique, du mono-paramétrique (densité = RX et TDM) au multi-paramétrique (IRM).

Les Neuroradiologues ont profité largement de l’évolution technologique en tirant parti des nouvelles possibilités offertes tout comme le marin utilise le vent et les vagues pour avancer dans la direction souhaitée. Tout cela a été possible en conservant la base culturelle de l'anatomie normale et pathologique, de la physiologie et de la clinique, ce qui a permis à la Neuroradiologie de progresser dans des domaines impensables au début, tels que les études fonctionnelles du cerveau.